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Domaine étranger Gustavo

juin 2018 | Le Matricule des Anges n°194 | par Franck Mannoni

Fonctionnaire au ministère des Finances, Gustavo vient de subir une rupture amoureuse avec Marina. Il vit dans une grande maison autrefois peuplée d’amis, remplit des cahiers sur l’écriture et veut se lancer dans le récit. Spectateur de sa vie, il se déploie en pensée, se perd dans l’espace infini de son esprit. À tel point que le décalage avec ses semblables s’accentue, jusqu’à le projeter dans un monde halluciné et pathologique : « Les images de ses rêves se superposaient comme un fond transparent ». L’écriture de Carlo Bordini (poète né en 1938) marque ce glissement par des signes tangibles : l’absence de point à la fin de certains paragraphes, l’omission des majuscules en début de phrases, des raisonnements interrompus de manière abrupte. Grâce à cette grammaire diffractée, l’auteur emporte le lecteur dans l’univers parallèle de son personnage. Dans cette atmosphère éthérée, passé, présent et futur se confondent, tout comme le réel et l’imaginaire. Les émotions sont déconnectées des faits, et définissent une dimension angoissante. Gustavo parle avec les têtes de ses anciens camarades, qu’il aligne soigneusement dans une des pièces de sa demeure. Il se souvient de la mort d’une femme, sans parvenir à séparer le souvenir d’une probable construction psychique. Marina lui rend visite et l’interpelle, mais se révèle fantomatique : « Elle avait une tête de loup. Ils discutent un peu ». Pris au piège de son travail sur l’écriture, le soupirant oublié crée un espace mental où il peut « exister en tant que personnage », mais ce lieu l’absorbe. Hésitant entre la stratégie de la survie et le suicide, Gustavo, qui souffre, se réfugie entre deux mondes. Il vit comme dans un tableau, où tout serait traité de manière irréelle pour que tout reste pur. Une stratégie de la dernière chance qui a ses limites : « Il ne sait pas s’il est fatigué de vivre ou fatigué d’imaginer ». Mais une impasse qui a toutefois un mérite : donner une chance au temps qui passe de panser ses blessures.


Franck Mannoni


Gustavo de Carlo Bordini
Traduit de l’italien par Olivier Favier, Alidades, 61 pages, 8

Le Matricule des Anges n°194 , juin 2018.
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