La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
BP 20225, 34004 Montpellier cedex 1
tel 04 67 92 29 33 / fax 09 55 23 29 39
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Domaine étranger Ma chienne de vie, de James Thurber

juillet 2018 | Le Matricule des Anges n°195 | par Yann Fastier

Ma chienne de vie

L’humour, c’est vérifié, vieillit moins bien que le saint-nectaire. Témoins les histoires de pruneaux et de cocus dont s’égayaient nos aïeux et qui ne font même plus pouffer dans les EHPAD. Tandis que le Français compense en affinant sa fourme, l’Anglois et ses dérivés d’Amérique, privés de roquefort, se vengent en enrobant leurs propres facéties d’un mystérieux principe conservateur qui, de Mark Twain à P.G. Wodehouse, leur permet de passer allégrement la date. L’Américain James Thurber (1894-1961) tient vaillamment son rang parmi ces humoristes dont Wombat se fait depuis quelques années le devoir sacré de dérouler la kyrielle. La Vie secrète de Walter Mitty, son œuvre la plus connue – plusieurs fois adaptée au cinéma – ne doit pas faire oublier un certain nombre d’autres titres, parmi lesquels Ma chienne de vie, constamment rééditée, ne fait pas figure de dernier de la portée. Pilier du New Yorker, où parurent ces drôles de mémoires, dessinateur « natif » et précurseur d’un certain minimaliste, Thurber est de ces imperturbables gentlemen capables d’exposer les plus invraisemblables scènes d’hystérie sur le ton de la conversation courante. Ainsi de cette panique générale qui, dans son enfance, saisit la population entière de Columbus (Ohio), persuadée que « la digue avait cédé » ou bien des diverses descentes de police subies par une famille prompte à s’alarmer au moindre bruit suspect.
Soyons francs : on soupçonne cette « autobiographie comique » de privilégier largement le comique à l’autobiographie et l’auteur de l’avoir écrite en cachette de sa mère. De même, à moins d’être exceptionnellement bon public, ne fera-t-on pas bondir ses voisins en s’esclaffant bruyamment dans le train : on se contentera de sourire, mais plus souvent qu’à son tour, avec une prédilection pour les multiples à-côtés et incidentes qui émaillent ces chroniques avec un grand sens de la cerise (sur le gâteau) et leur gardent, les années passant, une inimitable texture. Juste assez crémeuse, jamais coulante.

Yann Fastier

Ma chienne de vie, de James Thurber
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Jeanne Guyon,
Wombat, 152 pages, 15

Ma chienne de vie, de James Thurber Par Yann Fastier
Le Matricule des Anges n°195 , juillet 2018.
LMDA papier n°195
6.50 €
LMDA PDF n°195
4.00 €