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Domaine étranger Cocaïne

juillet 2018 | Le Matricule des Anges n°195 | par Éric Dussert

On n’avait pas eu l’occasion de lire Pitigrilli depuis les rééditions de Max Milo du début des années 2000. Avait paru à cette occasion la traduction par Gabriel de Lautrec de L’Homme qui cherche l’amour, un roman de 1931. Les deux hommes se connaissaient depuis que Pitigrilli avait passé à Paris des années dont il avait bien profité. On le devine en lisant Cocaïne, son roman des années folles, plein d’amour et de drogue, des femmes terriblement belles, de désir et d’infidélités. Une Maud charmante mais volage, une Arménienne adepte des messes blanches, ça c’est Paris !
À la manière d’un Harry Alis déroulant dans Hara Kiri la topographie parisienne à l’usage des touristes, des provinciaux et des amateurs d’émotions fortes, Pitigrilli reprenait à son compte un genre très particulier, le « roman parisien » qui existe depuis que Paris est Babylone. Il intitula son opus Cocaïne pour faire simple et scandaliser les bonnes âmes. Satire et chronique sociale. C’était ce que Pitigrilli faisait de mieux lorsqu’il avait la plume à la main, à moins qu’il ne soit en train d’écrire des livres pour enfants, son autre spécialité.
Jeune, Pitigrilli ressemblait à un Roberto Benigni qui n’aurait pas été frappé de calvitie. Un ludion souriant et caustique. Il se nommait en réalité Dino Segre (1893-1975) et avait opté pour le pseudonyme de Pitigrilli (Petit-Gris) en référence aux peaux d’écureuils du manteau de sa mère… Avec beaucoup d’esprit, Pitigrilli était le type du doux scandaleux capable de dire toutes les vérités sans fard. Dans le très beau texte d’hommage qu’il lui consacre, Umberto Eco se souvient du reste qu’il était celui qui faisait rougir sa mère. Désinvolture, usage anticonformiste de paradoxes « corrosifs », voilà ce qu’a constaté le linguiste italien, qui reconnaît à Pitigrilli « une forme d’élégance sceptique boulevardière » : « Le mari, malgré tout le pétrole de ses mines, était chauve ; mais, bien qu’il fût riche, il était jeune. »

Éric Dussert

Cocaïne de Pitigrilli
Traduit de l’italien par Robert Lattes, postface d’Umberto Eco,
Séguier, 348 p., 21

Le Matricule des Anges n°195 , juillet 2018.
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