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Domaine étranger Solitude, de Hubert Klimko

juin 2019 | Le Matricule des Anges n°204 | par Franck Mannoni

À quoi peut bien penser un homme seul au milieu des autres ? À lui-même, par solipsisme, aux autres, par une obsession paranoïde de l’observation. À Vienne, Bruno Stressmeyer, qui érige la solitude en art, a une vie intérieure inversement proportionnelle à ses relations sociales. Méticuleux, il se lance dans l’hyperdescription de ses contemporains, qu’il n’hésite pas à fréquenter pour réaliser sa mission quasi scientifique. Or, discuter avec ses semblables lui est insupportable, jusqu’au malaise : « Je ne savais vraiment pas quoi répondre. J’ai regardé ma montre, l’étranger, ma montre, puis de nouveau l’étranger, ma montre ». Volontiers caustique, Stressmeyer est un misanthrope assumé et provocateur. Anticlérical, antireligieux, antisémite, son cocktail des « anti » s’accompagne de xénophobie envers les Allemands et les «  Yougos  ». Malgré tous ses efforts pour vivre en ermite, l’exilé social n’en passe pas moins beaucoup de temps avec ses congénères. Il accompagne leurs gesticulations consuméristes, avides qu’ils sont de quantité et de gratuité : « Nous ressemblions à un troupeau de cochons se bousculant devant une auge. » Dans son outrance, Stressmeyer n’en dresse pas moins un tableau confondant de certains travers de la société : les petites hypocrisies, le mépris des différences. Corollaire de ses détestations, le système démocratique, qui fonctionne selon la règle du plus grand nombre, lui est évidemment odieux. Il fustige la plèbe des espaces verts, les conducteurs de BMW, personne n’échappe à son jugement. Ses discussions philosophiques avec le docteur Stiegl, le patient médecin qui le suit, un optimiste convaincu, apportent une confrontation nécessaire à ses idées névrotiques. Hubert Klimko donne la parole à un commentateur intransigeant de la comédie humaine. Véritable antihéros, Stressmeyer laisse toutefois poindre une petite touche d’espérance lorsqu’il se laisse tenter par une rencontre romantique. Il illustre à merveille cette maxime tirée de L’Idée fixe de Paul Valéry : « Un homme seul est toujours en mauvaise compagnie ». Franck Mannoni

Traduit du polonais par Véronique Patte,
Noir sur blanc, 160 pages, 17

Solitude, de Hubert Klimko Par Franck Mannoni
Le Matricule des Anges n°204 , juin 2019.
LMDA papier n°204
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