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Domaine français La Photographe

juillet 2019 | Le Matricule des Anges n°205 | par Richard Blin

Gros de nostalgie errante, de soif de transcendance bafouée, le premier roman de Diane Chateau Alaberdina, 25 ans. Il nous plonge au sein de la diaspora slave de L’Archipel Café – leur point de ralliement à Paris – et plus précisément des relations qui lient le petit cercle d’admirateurs qui gravite autour d’Agafonova, une écrivaine russe mère d’une jeune fille, Taisiya. La narratrice, fille d’un photographe de guerre venu vivre en France, et devenue photographe à son tour, va alors retrouver Taisiya, qui devient son modèle. Offrant sa fragilité sans pudeur, cette dernière lui demande un jour de la photographier en train de faire l’amour avec son mari. « Je les ai regardés comme si j’étais devant un mur ou un paysage lointain. » Mais Taisiya « rayonnait tel un astre engloutissant tout ce qui tourne autour de lui. Rien ne m’échappait. J’avais enfin accès à son intimité. » C’est ce plaisir secret et redoutable qui est en jeu dans toutes les images de la photographe : celles de son frère amoureux fou d’Agafonova – « Le désespoir de mon frère représentait pour moi un état supérieur » –, celles d’un homme enfermé dans une grande boîte transparente, ou celles d’une amie au sortir d’une opération de chirurgie esthétique. Comme si la beauté ne pouvait naître que d’un long et douloureux processus, et comme si s’engouffrer dans la moindre faille et en faire image, était un moyen pour la photographe de se sentir plus forte et plus vivante. «  C’était un poison sans antidote. » Dans cet univers d’âpres dissonances étouffées, c’est l’image du lien secret qui semble unir la beauté et la terreur qui court en filigrane. Images d’un enfer transparent, de personnages médusés par une folie sous-jacente, qui font de ce premier roman une œuvre au noir et une belle illustration du travail de la négativité.

Richard Blin

Le Photographe de Diane Chateau Alaberdina
Gallimard, 160 pages, 16

Le Matricule des Anges n°205 , juillet 2019.
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