La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
BP 20225, 34004 Montpellier cedex 1
tel 04 67 92 29 33 / fax 09 55 23 29 39
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Domaine français Médecin de campagne

juillet 2019 | Le Matricule des Anges n°205 | par Virginie Mailles Viard

Médecin de campagne

À l’heure où les médecins quittent un à un les villages, où les jeunes internes se succèdent dans les maisons médicales rurales avant d’être happés, consentants, par les métropoles, les chroniques du médecin de campagne Charles Lanot paraissent d’un autre siècle. Le siècle où il ne fait pas bon avorter, le siècle qui aura vu les deux guerres. Réédité en 2019, couronné du prix Jean Bernard de l’Académie de médecine en 2015, Médecin de campagne est un hymne au lien si particulier qui se tissait entre un médecin et ses patients, un hymne aux gens « qui ne veulent pas être des héros  ». Il y a Céline, qu’il faut aider pour écrire ou lire des lettres. Celle qui vient d’arriver est en anglais, et le médecin découvre que Céline a été torturée pour avoir sauvé la vie en 1943 à des aviateurs américains. Il y a le père Henri, qui « s’en est allé retrouver son grand bœuf blanc (…) Oh ! L’automne, l’automne a fait mourir l’été/ Dans le brouillard s’en vont deux silhouettes grises… » Comme « la mort ne surprend point le sage  », il passera le relais à son fils René qui, à son tour, s’occupera de l’animal que l’ancien chérissait. Parce que, comme le constate le narrateur, et l’a peint Brueghel dans La Chute d’Icare, « Aucun laboureur ne s’arrête pour la vie d’un homme ».
Dans ces portraits et ces rencontres, la poésie et la peinture se glissent comme on souffle à l’oreille, elles viennent au secours des instants fragiles, pour les inscrire durablement dans la mémoire. L’auteur convoque Hugo, Char, Aragon, Montaigne, Brassens… leurs vers et leurs chants côtoient la sagesse populaire, soulignant la beauté et la puissance de ces vies simples. Marceline vit seule au bout d’un chemin aussi vieux et cabossé qu’elle. Si elle s’est abonnée au journal, c’est pour recevoir la visite du facteur. Mais il ne passe plus. Reste le médecin de campagne, aujourd’hui âgé de 90 ans, celui qui peut dire qu’il était là, et qui raconte ce qui advint.

Virginie Mailles Viard

Médecin de campagne de Charles Lanot
Éditions Illador, 176 pages, 16

Le Matricule des Anges n°205 , juillet 2019.
LMDA papier n°205
6.50 €
LMDA PDF n°205
4.00 €