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Entretiens C’est arrivé…

juillet 2019 | Le Matricule des Anges n°205 | par Éric Dussert

De meurtres en meurtres, de mystères en mystères, le fait divers nourrit la littérature. L’essayiste Frédérique Toudoire-Surlapierre nous aiguille…

Le Fait divers et ses fictions

L’universitaire Frédérique Toudoire-Surlapierre propose un essai voué à démêler les rapports de la littérature et du fait divers, parfois considéré comme la déchéance du journalisme : comment la fiction s’empare-t-elle des cahots de la destinée et de l’anecdote lorsqu’ils plongent leur lame dans des vies que rien ne distinguait jusque-là ? La matière procurée par l’actualité du quidam a été exploitée par Max Aub (Crimes exemplaires) ou Félix Fénéon (Nouvelles en trois lignes – lire p. 47), ces stylistes, mais les dérèglements de l’existence nous fascinent tous comme autrefois les lecteurs de canards sanglants ou les auteurs de tragédies. Marcel Proust avouait lui-même « cet acte abominable et voluptueux qui s’appelle lire le journal » et la libération nocturne de Jean-Claude Romand, le criminel sujet de L’Adversaire d’Emmanuel Carrère (P.O.L, 2000) prouve que la péripétie n’a pas besoin d’être princière pour constituer le récit.

Avec De sang-froid, Truman Capote est devenu le parangon de la littérature de fait divers. Pourquoi a-t-il autant marqué les esprits ?
Parce que ce roman est une réussite littéraire, puisque c’est l’un des récits les plus marquants de l’Amérique, et qu’il a fait dévier l’écrivain de sa trajectoire initiale. Au départ, Truman Capote se rend dans le Kansas pour rapporter comme journaliste un fait divers : toute une famille a été assassinée de sang-froid justement, il n’y a pas de gain d’argent notable. Ces crimes sont aussi monstrueux que gratuits. Mais alors qu’il est dans le Kansas, les deux assassins sont arrêtés, il décide de les rencontrer, ce qui fait basculer tout son récit… Cette déviation est révélatrice de l’ambivalence même du récit de fait divers. D’un côté on éprouve de la répugnance morale pour ces deux criminels qui vont à l’encontre de nos valeurs morales, mais d’un autre côté, le lecteur, comme Truman Capote, passe beaucoup de temps avec ces deux personnages. C’est ce processus qui est à l’œuvre dans les récits de faits divers et qui font leur succès.

Que se produit-il lorsque l’écrivain est lui-même l’objet du fait divers ?
On peut postuler qu’il existe une contamination du fait divers, l’écrivain n’est pas indemne des récits qu’il raconte et parfois il se laisse emporter par eux, c’est exactement ce que suggère Marguerite Duras quand elle dit qu’elle a été « débordée par l’enfant », à propos de l’affaire Grégory et de l’article qu’elle a écrit à ce propos. Cet article « Sublime, forcément sublime Christine V. » fait basculer l’écrivain dans le fait divers, comme le montrent les réactions de la presse et les opinions tranchées que va susciter cet article. C’est le signe de la proximité étrange, inquiétante aussi du fait divers avec les écrivains. François Bon a cette formule qui me paraît très révélatrice à propos de l’écrivain de faits divers : alors qu’« on se croyait en sécurité », on découvre « au plus profond de soi la capacité du pire ».

Des...

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