La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
BP 20225, 34004 Montpellier cedex 1
tel 04 67 92 29 33 / fax 09 55 23 29 39
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Dossier Robert Louis Stevenson
L’Enfant qui a été en enfer, par Didier da Silva

mars 2020 | Le Matricule des Anges n°211

Didier da Silva aime les vies d’écrivains ; il a ainsi réuni celles d’Heinrich von Kleist et de Li Baï dans son roman Toutes les pierres (L’Arbre vengeur, 2018). Puisqu’il est également de longue date un lecteur passionné de Stevenson, nous lui avons proposé de se replonger dans les deux épais volumes de sa correspondance.

Les correspondances d’écrivains, d’artistes, on ne le dit pas assez, ont donné parmi les plus beaux romans de la littérature. Loin de ce dispositif presque toujours condamné au fake qu’est le roman épistolaire, la correspondance véritable d’un esprit par essence romanesque – et comme il faut aimer se raconter des histoires, pour vouer son existence à l’art ! – s’apparente davantage à cette variété du roman qu’on appelle la « vie », vie de Jésus ou vie imaginaire, pour ainsi dire la vie en plus ; et la mort, bien sûr, aussi bien, connue d’avance par le lecteur et exerçant son charme puissant tout au long de la lecture, chaque lettre effeuillant le compte à rebours, chaque date se rapprochant de la dernière date et malgré elle en constituant une approximation – jusqu’à l’accord souvent déconcertant, subit, du dernier mot, majoritairement inconscient du danger ou de la solennité du moment. C’est un genre où abondent les fins abruptes, évanescentes, sans résolution harmonique ; le blanc de la page qui suit est toujours émouvant.
Dans l’intervalle, quel cinéma. Quelques centaines de pages font dévaler le temps comme jamais ; les jours sont des minutes, les mois ou les années, des heures. L’évolution d’une âme en time lapse, ses aventures accélérées forment le plus fascinant des spectacles. Une haute définition est requise et en la matière cela porte un nom, la verve. C’est la première et la seule suffisante des qualités d’un correspondant, d’elle dépend la réussite du roman : qu’il prenne plaisir à faire des phrases en toutes circonstances, dans la cale d’un bateau en pleine tempête ou dévoré par la gale et la faim dans un wagon de dernière classe, dans la gaieté comme dans la détresse, et même à l’article de la mort. Or c’est exemplairement, sur ce dernier point notamment, le cas de Stevenson.
Donné pour mort, en effet, Robert Louis le tuberculeux l’est tous les six mois par ses médecins, sans exagération, ce serait voire plutôt tous les trimestres, et cela dès le début (novembre 1850) de sa brève existence (44 ans et des poussières). C’est un Lazare professionnel. Ces résurrections à répétition ne vont pas sans fébrilité ni angoisses (« Il n’y a pas de par le monde, peut-être, beaucoup de gens plus tristes que moi ») ; mais elles ont également forgé, à force, une bonne part de sa précoce philosophie, de cette sagesse qui le pousse volontiers à trousser pour ses proches des sermons (admirables), son péché mignon : « Le fait est que nous sommes indignes de nos bonheurs ; l’amour nous prend alors que nous faisons semblant, le succès vient alors que nous jouons, la santé reste avec nous alors que nous abusons d’elle ; et même quand nous nous moquons de nos semblables, nous devrions garder à l’esprit qu’il dépend de leur seul bon vouloir que nous soyons toujours en vie, et avec des prétentions à l’honneur. (…) Notre destin en ce monde n’est pas d’être bons, mais de tenter de l’être, et d’échouer, et d’essayer encore ; et quand nous...

Cet article est réservé aux abonnés.
Auteurs, critiques, interviews, dossiers thématiques: découvrez tous les contenus du Matricule des Anges.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

LMDA papier n°211
6.50 €
LMDA PDF n°211
4.00 €