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Domaine français Jeanne erre

octobre 2020 | Le Matricule des Anges n°217 | par Anthony Dufraisse

La Tannerie ça ne réussit à personne », constate un des très nombreux personnages de ce roman, le quatrième de Celia Levi, qui a, on va le voir, le défaut de ses qualités. Jeanne en est la protagoniste, ou plutôt le fil sur lequel on tire pour dérouler toute la pelote : notre époque si contradictoire. Cette jeune Bretonne transplantée du côté de Pantin est à la fois actrice et spectatrice d’un écosystème codifié, La Tannerie – une ancienne usine reconvertie en centre culturel –, dans lequel elle peine à exister. Elle y sera un peu femme à tout faire, à mi-chemin entre l’hôtesse d’accueil et la surveillante d’expos, c’est-à-dire, au fond, femme sans qualités, si on veut détourner le titre de Musil. Elle a quitté un certain milieu (« la ferme, l’odeur de l’étable, les lourds meubles ») pour un autre, totalement incertain, puisque caractérisé par la précarité. La greffe prendra-t-elle ? c’est évidemment toute la question de ce roman d’apprentissage sentimentalo-sociopolitique dans lequel Celia Levi a probablement voulu mettre trop de choses. Portrait psychologique d’une jeune femme attirée et déboussolée par la vie parisienne, photo de groupe d’une génération tiraillée entre l’engagement (Nuit Debout, la cause des migrants…) et la sacro-sainte quête du CDI, chronique au vitriol d’un lieu artistique faussement humaniste et miné, en réalité, par les guéguerres d’organigramme… Les multiples facettes de ce livre voudraient sans doute, sur le modèle des plus pertinentes entreprises romanesques du XIXe siècle, tout saisir d’un univers particulier. Mais c’est une tentative foisonnante qui, à vouloir tout embrasser, ne convainc finalement qu’à moitié. Et puis l’approche, pendant les deux tiers du livre, quasi exclusivement distanciée de cette Jeanne visiblement atteinte de bovarysme aigu, manque peut-être de nerfs. Il faut attendre la dernière partie pour qu’enfin l’écriture, de descriptive, se fasse plus analytique et donne le meilleur de ce roman de la fin de l’insouciance, miroir de la facticité des sociabilités contemporaines.

Anthony Dufraisse

La Tannerie
Celia Levi
Tristram, 377 pages, 21,90

Jeanne erre Par Anthony Dufraisse
Le Matricule des Anges n°217 , octobre 2020.
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