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Théâtre Amsterdam, de Maya Arad Yasur

octobre 2020 | Le Matricule des Anges n°217 | par Patrick Gay Bellile

Au 289 Keizersgracht à Amsterdam arrive un jour une facture de gaz. Une facture impayée, d’un montant très élevé en raison des intérêts cumulés depuis 1944. La locataire de l’appartement concerné s’inquiète, enquête et va découvrir ce qui s’est passé dans cet appartement durant la Seconde Guerre mondiale, lorsque les Pays-Bas étaient occupés par l’Allemagne. L’auteure, née en Israël, s’intéresse évidemment à l’histoire, à la guerre, mais aussi à la façon de raconter. Ici, trois personnages inventent au fur et à mesure ce qui constituera ensuite la trame narrative. Rebondissant sur une phrase, un mot, une idée, ils mettent en place, dans une première partie, l’histoire qu’ils raconteront dans la deuxième. Et donc à ce jeu-là, les digressions, les impasses sont nombreuses. Les dérapages aussi… Et de fil en aiguille, apparaissent puis se précisent les personnages, des événements, mineurs ou pas, des logiques qui prennent en compte les faits historiques. Certaines propositions sont abandonnées en cours de route, d’autres précisées et les incohérences sont évacuées. Cette mise à nu du processus de création et d’écriture, avec ses rebondissements, donne lieu à une première partie enlevée, joyeuse, propice aux plaisanteries et à l’esprit d’escalier. L’auteure s’en donne à cœur joie, n’hésitant pas à s’en prendre aux habitudes et à la bien-pensance : « Après un génocide, on marque toujours un temps./ Ah bon ?/ De silence./ Tu veux dire après le mot génocide./ Après le mot génocide il y a un silence. »
Ensuite nous rentrons dans le vif du sujet. Nous connaissons les personnages, il n’y a plus qu’à entendre ce qu’ils ont à nous dire. Une histoire faite de courage, de délation, de familles cachées, qui refait surface comme un arriéré qu’il conviendrait de mettre à jour, une dette qui n’a pas été soldée. Et le coup de théâtre final nous dit enfin tout sur cette foutue facture de gaz, ironique, et impayée.

PGB

Amsterdam
Maya Arad Yasur
Traduit de l’hébreu par Laurence Sendrowicz
Éditions Théâtrales, 72 p., 12

Amsterdam, de Maya Arad Yasur Par Patrick Gay Bellile
Le Matricule des Anges n°217 , octobre 2020.
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