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Domaine étranger Le Peuple du grand chariot

février 2021 | Le Matricule des Anges n°220

Bien connu des cinéphiles pour son roman noir sur la base duquel Edmund Goulding bâtit son chef-d’œuvre, Le Charlatan (1946), l’Américain William Lindsay Gresham (1909-1962) ne connut pas d’autre succès important au cours de sa vie. Elle se clôt d’ailleurs tristement dans la solitude. Atteint d’un cancer de la langue, presque aveugle, Gresham choisit de se suicider dans un hôtel à l’âge de 53 ans. À côté de ce fameux roman, toujours édité (« Série noire », 1997), sa bibliographie compte une biographie du magicien Houdini, deux ou trois bouquins sans intérêt littéraire et des nouvelles publiées dans des magazines qui construisaient les bases d’une science-fiction de qualité – genre alors en pleine maturité. Avec Le Peuple du Grand Chariot, nouvelle assez courte jetée d’un crayon vif, Gresham innovait en proposant une civilisation post-apocalyptique ayant renversé ses fondements culturels après avoir perdu toute mémoire à la suite de « Grandes Guerres Incendiaires ». Foin de la prééminence des sociétés sédentaires : les gens du voyage ont pris l’ascendant sur le gadjo, qui ne peut que reconnaître la sagesse des rois romani. Notamment parce qu’ils maîtrisent les techniques, et en particulier celles du métal qu’ils n’ont jamais abandonné lorsque, dinandiers ou ferblantiers, ils récupéraient ce que les sédentaires voulaient bien leur laisser. Mais la roue a tourné… « Tu l’as deviné Fedat. Ces machines doivent être tellement anciennes qu’elles datent d’une époque d’avant la Force et personne ne se souvient plus de ce que cela peut bien être. Mais il y a dû y avoir une époque (…) où les gens voyageaient sans autre moyen de propulsion que leur propre poids. Sur ces machines-là ! Allons-y, Fedar, réparons-les. » Et c’est ainsi qu’un roi du Peuple du Grand Chariot subodore les vertus du vélocipède. Tout coule de source selon une vieille Rom, puisque les Roms viendraient des étoiles en apportant les technologies du métal aux Terriens. Ce retour au savoir d’une civilisation hébétée rappelle beaucoup ce qu’un Régis Messac tressait en plaçant dans Quinzinzinzili (1935) des très jeunes survivants du désastre redécouvrant par eux-mêmes le langage et les usages sociaux.

Éric Dussert

Le Peuple du grand chariot
W. Lindsay Gresham
Traduction non mentionnée
Le Passager clandestin, 62 pages, 5

Le Matricule des Anges n°220 , février 2021.
LMDA PDF n°220
4.00 €