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Domaine étranger Trois jours dans la vie d’un yakuza

avril 2021 | Le Matricule des Anges n°222 | par Jérôme Delclos

Trois jours dans la vie d’un yakuza

Hideo Okuda est connu au Japon pour son personnage d’Irabu, le psychiatre à la Porsche caca d’oie et aux lunettes de soleil Gucci, qui pratique de sadiques thérapies où les piqûres de son assistante exhibitionniste ont un rôle crucial. Dans sa nouvelle « Le hérisson » (Un yakusa chez le psy, Wombat, 2014), un yakusa phobique des objets pointus (baguettes, cure-dents, aiguilles, etc.), se voit conseillé par sa femme de consulter, sous le prétexte d’un traumatisme causé par une vieille blessure au couteau. « J’ai jamais pris de coup de couteau », avoue piteusement le maffieux. Réplique de bobonne : « Et alors ? Le bluff, c’est un des ressorts de votre métier, non ? ». L’énoncé pourrait s’appliquer à Okuda, qui nous bluffe ici avec un roman en apparence sérieux : les débuts de Junpei, recrue du clan Hayata, et très pressé de monter en grade. Si bien que les premiers chapitres font songer aux films de Kitano, avec leurs yakusas grossiers, arrogants, et loyaux à leur aniki, ce parrain à qui obéir aveuglément. Mais bientôt, les indices comiques percent sous l’ambiance noire. Mis à part se réclamer de la réputation du clan, l’aniki de Junpei, Kitajama, ne fait pas grand-chose. Quant à Junpei, sa hâte à se fourvoyer en fait l’archétype du yakusa certes vaillant, mais surtout très bête. C’est cette double qualité qui nous le rend attachant, tandis qu’on le verra œuvrer à ses propres déboires, au grand désespoir de son aniki et de la communauté de curieux qui le suit sur les réseaux sociaux.
Rixes, femmes fatales, flics ripoux dans le décor du quartier des plaisirs de Kabukichô, les ingrédients du polar sont là. Mais c’est aussi, dans son dernier tiers, un beau roman d’apprentissage, qui montrera Junpei, marqué par son passé d’orphelin et en quête de sens, plus complexe qu’il n’y semblait à première vue.

Jérôme Delclos

Trois jours dans la vie d’un yakuza
Hideo Okuda
Traduit du japonais par Mathilde Tamae-Bouhon
L’Observatoire, 246 pages, 19

Le Matricule des Anges n°222 , avril 2021.
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