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Événement & Grand Fonds À tous les invisibles

mai 2021 | Le Matricule des Anges n°223 | par Valérie Nigdélian

Arrachés au silence et à l’oubli, deux récits de Joseph Andras à la mémoire des révoltés, et de tous les sacrifiés à l’autel de l’« ordre des choses ».

Au loin le ciel du Sud

Ainsi nous leur faisons la guerre

Deux petits livres paraissent ces jours-ci chez Actes Sud, signés du même auteur. Une sortie simultanée – la pratique n’est pas courante – pour deux textes courts à la radicalité incisive et impeccablement documentés, à lire conjointement pour que s’en déploie toute la cohérence – politique – et le vertige – poétique. Dans l’un, Au loin le ciel du Sud, retour dans le Paris des années 1920, sur les traces de celui qui ne s’appelait pas encore Hô Chi Minh mais Nguyên Tât Than, et commençait à fédérer et structurer le mouvement anticolonialiste vietnamien. Dans l’autre, Ainsi nous leur faisons la guerre, voyage dans le temps (1903, 1985, 2014) et l’espace (Londres, Californie, France) pour, en trois tableaux, interroger la question animale. Révolution et défense des bêtes iraient-elles naturellement de pair ? Oui, à en croire Joseph Andras, car « des champs de bataille au contenu de nos assiettes » il y a un même continuum, ainsi qu’il le déclarait dans un entretien accordé à Mediapart ce 21 avril – un continuum, précisait-il encore, imposé par « un ordre hiérarchique, militariste, guerrier, nucléaire, impérialiste et capitaliste ».

Cet ordre, Andras ne cesse de l’interroger depuis son entrée (fracassante) en littérature. Depuis De nos frères blessés (2016), où il revenait sur l’affaire Fernand Iveton, cet ouvrier pied-noir et communiste guillotiné en 1957 à Alger par le pouvoir français pour une tentative de sabotage qui ne fit ni dégâts ni victimes, jusqu’à Kanaky (2018), où il retraçait le parcours d’Alphonse Dianou, indépendantiste kanak mort dans l’assaut de la grotte d’Ouvéa en 1988, la question coloniale hante l’homme et l’écrivain. Au loin le ciel du Sud, dont le titre est extrait d’un poème d’Hô Chi Minh, s’inscrit dans la même perspective : questionner un système historiquement fondé sur la domination et faire retour sur l’émergence des luttes. C’est ce point central qu’aborde ici Andras, en partant en quête des traces d’un « fantôme » aux « yeux tout à la fois doux et tracés de feu », ledit Nguyên Tât Than, qui fit escale à Paris entre 1918 et 1923, avant de disparaître des radars pour rejoindre Moscou et son destin de libérateur de l’Indochine. Années de formation – et d’intense surveillance policière, en témoignent les rapports, dossiers et notes de synthèse ici reproduits –, où « l’ancien chauffeur de loco, le balayeur et le crieur » croise Souvarine et la SFIO, forme avec quatre camarades le Groupe des patriotes annamites, use les bancs de la Bibliothèque nationale, lit, écrit. Frappe aux portes du pouvoir, toujours « sourd comme un pot » au sort de « son peuple réduit en esclavage et assommé par l’alcool et l’opium, des femmes malmenées et des capitalistes français s’enrichissant sur le dos des siens ». Preuve s’il en est qu’il y a loin du « Noble Peuple Français et (de) son sublime idéal de la Fraternité universelle » à la réalité de l’exploitation coloniale, loin de l’idéal républicain à « cette coterie de...

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