La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
BP 20225, 34004 Montpellier cedex 1
tel 04 67 92 29 33 / fax 09 55 23 29 39
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Domaine étranger Et la baleine l’engloutit, d’Amir Ahmadi Arian

juin 2021 | Le Matricule des Anges n°224 | par Camille Cloarec

Et la baleine l’engloutit

Depuis vingt-cinq ans, Yunus Turabi sillonne Téhéran, cette ville qui enfle « comme un ballon branché sur une pompe qui soufflait en continu ». Ce chauffeur de bus ne possède pas grand-chose d’autre que cette « carcasse de ferraille ». Son père, un ancien employé de banque aigri, est décédé alors qu’il était encore adolescent. Sa mère, abrutie par les médicaments, n’a pas tardé à le rejoindre. Yunus s’est alors retrouvé seul. Sa vocation est née de cet isolement précoce et insoutenable : « Traverser la ville en bus m’avait ramené au monde », analyse-t-il. Son quotidien devient une routine de laquelle les carambolages, les altercations et les embouteillages peinent à le réveiller. Il n’est rien d’autre qu’« un carré de la mosaïque humaine de la ville ». Anonyme, insignifiant, interchangeable. C’est au hasard des rayons d’un nouveau supermarché que le cours paisible de son existence dévie. Il y rencontre un collègue, Behrouz. « Cet écart dans mes habitudes, ce changement dans un itinéraire que j’avais emprunté pendant plus de dix ans », comprend-il plus tard, est à l’origine de son malheur futur. Car Behrouz le présente à sa femme, Homa, et l’introduit au syndicat. Lequel syndicat fomente une grève massive des chauffeurs de bus, à laquelle le narrateur participe – passif, distant, prudent. Nous sommes en avril 2005. Pour Yunus, c’est le début d’une longue descente aux enfers, dont Amir Ahmadi Arian prend soin de nous décrire toutes les étapes : embrigadement, manipulation, emprisonnement, interrogatoires, torture… Le voilà en un temps record écrasé par une triple accusation d’agression physique, d’adultère et de conspiration. Derrière ce destin broyé que l’on devine réaliste, l’auteur illustre l’absurdité et la cruauté toute-puissante de la machine politique iranienne. Il souligne aussi l’impuissance, la force et le courage de chaque individu pris au piège – comme en témoigne le combat de Yunus pour préserver à tout prix sa raison.

Camille Cloarec

Et la baleine l’engloutit
Amir Ahmadi Arian
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Marc Amfreville
Grasset, 352 pages, 23

Et la baleine l’engloutit, d’Amir Ahmadi Arian Par Camille Cloarec
Le Matricule des Anges n°224 , juin 2021.
LMDA papier n°224
6,50 €
LMDA PDF n°224
4,00 €