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Domaine étranger 8 heures et 35 minutes, de Fotini Tsalikoglou

septembre 2021 | Le Matricule des Anges n°226 | par Yann Fastier

8 heures et 35 minutes

8 heures et 35 minutes, c’est le temps d’un vol entre New York et Athènes et c’est le temps que mettra Jonathan, en route vers le pays d’origine de ses grands-parents, à apprivoiser les fantômes qu’il transporte avec lui. Celui de sa grand-tante, en premier lieu, cette jeune et jolie Frosso, connue par une seule photo, morte avant même d’avoir atteint l’Amérique, au cours d’un triste voyage de noces au fond d’un bateau d’immigrants. Celui de sa mère, ensuite, refusant jusqu’à l’autodestruction le fardeau qu’on lui fit porter en lui donnant le nom de la jeune morte, la ramenant à travers elle à la vie qu’elle avait fuie. Celui de sa sœur aimée, enfin, avec laquelle il ne cesse de dialoguer et dont il ne faut pas longtemps pour comprendre qu’elle aussi s’est suicidée. Si on y ajoute les grands-parents, morts eux aussi, ça commence à faire du monde en classe affaires, et c’est en véritable survivant que Jonathan, au terme du voyage, aborde la patrie perdue, elle-même ruinée par la crise mais qu’on devine pouvoir être, malgré tout, le lieu d’un apaisement, sinon d’une réconciliation.
Mais en a-t-on jamais fini avec les secrets de famille ? «  (…) depuis que le monde est monde, les choses qu’il fallait oublier étaient plus nombreuses que celles que l’on supportait de garder en mémoire ». En assumant une certaine théâtralité de la forme, Fotini Tsalikoglou donne à son récit une universalité qui dépasse le seul cas de la famille Argyriou. Psychologue de profession, elle sait que « (c’) est ça, l’« être humain », c’est celui qui ne peut pas empêcher la répétition ». La définition en vaut une autre, tout comme ce court roman, au fond, n’en vaudrait jamais qu’un autre si, passé quelques jours et une fois dissipé certain air tout de même un peu fabriqué, il n’en subsistait la figure émouvante et têtue d’une jeune inconnue, avec « sa jolie jupe rouge toute neuve », morte de n’avoir pas voulu quitter son jardin.

Yann Fastier

Traduit du grec par Clara Villain,
Cambourakis, 92 pages, 16

8 heures et 35 minutes, de Fotini Tsalikoglou Par Yann Fastier
Le Matricule des Anges n°226 , septembre 2021.
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