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Théâtre Farce et trahison

septembre 2021 | Le Matricule des Anges n°226 | par Laurence Cazaux

Mort prématurée d’un chanteur populaire dans la force de l’âge

Wajdi Mouawad nous a habitués à de grandes épopées. Sa dernière pièce publiée est plus une tragicomédie, avec un petit côté branquignol. De grandes questions parcourent le texte, dont celle-ci : comment continuer quand on a dévié de ses rêves ? Ce que l’écrivain questionne dans sa préface : « Comment renaître sans se tuer ? Ni pour de vrai ni pour de faux ? Comment, telle l’ivresse du bateau, entrer encore dans les eaux du poème ? »
Wajdi Mouawad crée le personnage d’Alice, un chanteur populaire, ancien punk, que le succès public abîme. « Depuis la sortie du disque qui a fait de moi une célébrité, je me suis mis à me chier dessus en plein concert. Cinq ans que ça dure. À chaque concert, j’ai la diarrhée. Les médecins ne trouvent rien, c’est dans ma tête. (…) Le succès a éventré ce que j’avais de plus fragile. » Ses concerts ne sont plus magiques, alors quand un journaliste le démolit, Alice se réfugie chez son ancien manager Faustin qui, comme son nom l’indique, va le tenter en diable : et s’il se faisait passer pour mort pendant une année, histoire de dénoncer le système de l’industrie culturelle avec les ventes qui vont s’envoler, les disques posthumes à venir, les inédits, les compilations.
Le plan marche à merveille jusqu’à l’enterrement de la star quand Alice, drogué pour faire un mort plus vrai que nature, se réveille en pleine cérémonie. Le scandale est absolu.
Wajdi Mouawad est un raconteur d’histoires, il est aussi metteur en scène. Il manque à la seule lecture du texte la magie du plateau. Ainsi certains dialogues ou situations paraissent par moments très appuyés. Mais comme le dit Alice : « Depuis les temps anciens, l’humanité à travers les œuvres d’art essaie de fermer la gueule à la mort, et l’artiste est le sorcier de cette médecine particulière. C’est le magicien, l’enfant magicien qui se joue du désespoir. »
Alors pour retourner à « la clairière du poème », on veut bien suivre l’enfant magicien, celui qui au final, va faire renaître le chanteur populaire.

L. Cazaux

Mort prématurée d’un chanteur
populaire dans la force de l’âge,

de Wajdi Mouawad
Léméac/ Actes Sud-Papiers, 96 p., 14

Farce et trahison Par Laurence Cazaux
Le Matricule des Anges n°226 , septembre 2021.
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