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Domaine français D’oncle

octobre 2021 | Le Matricule des Anges n°227 | par Feya Dervitsiotis

Une jeune femme et son frère sont contraints de vivre un temps avec leur oncle dans sa maison en Bretagne. De cette réclusion naît un carnet d’observations sur ce curieux animal, cet homme déchu, ce grand enfant lâché par son corps. S’y ajoutent des anecdotes sur sa jeunesse et le récit discontinu des efforts de la narratrice pour l’aider à garder figure humaine. Bien qu’elle ait bousculé son quotidien, pénétré sa chambre et résumé son existence – tous trois des dépotoirs –, l’objet d’étude échappe à la nièce en anthropologue. Le mystère d’oncle reste complet.
La langue de Rebecca Gisler veut rendre cette incursion dans les bas-fonds d’une famille. « (…) j’ai carrément plongé ma tête dans le trou des toilettes, et dans l’eau j’ai crié le prénom de l’oncle ». De longues phrases, hachées par une froide succession de « et » pour chacun des mouvements de la bête, miment un trop-plein scatologique avant de s’effondrer sur elles-mêmes. Frère et sœur portent sur leur peau la pourriture ambiante, ils se grattent jusqu’au sang. Voulant fuir tout pathos, le texte oscille entre tragédie et comédie pour ne déboucher que sur une ironie légère, en basse continue, fatigante parce que systématique.
On regrette de ne pas trouver entre les lignes de D’oncle quelque trou d’air dans lequel s’engouffrer, ou bien l’image qui, résonnant au-dessus des parties tel un point d’orgue, donnerait au tout une couleur mémorable. Le travail et les coutures sont apparents, le livre, lui, se dérobe. Il peut d’autant moins être lu pour soi que son histoire et sa manière donnent une impression de « déjà lu » : récit à gros traits d’une femme confrontée à sa famille dysfonctionnelle, récit qui prend par touches la forme d’un cauchemar avant de revenir à un réel écrasant de prosaïsme… On croirait relire Avant que j’oublie (2019) d’Anne Pauly et Permafrost (2020) d’Eva Baltasar, deux succès aux éditions Verdier, qui semblent avoir trouvé là un genre qui plaît.

Feya Dervitsiotis

D’oncle
Rebecca Gisler
Verdier, 128 pages, 15

Le Matricule des Anges n°227 , octobre 2021.
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