La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
BP 20225, 34004 Montpellier cedex 1
tel 04 67 92 29 33 / fax 09 55 23 29 39
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Domaine français Captive, d’Elsa Dauphin

février 2022 | Le Matricule des Anges n°230 | par Virginie Mailles Viard

Elle n’a rien d’attirant, Léa Détrié. Elle ne parle pas, transporte partout une mine sombre, une humeur de chien. Elle ne supporte rien ni personne. En prison, elle fait tout pour éviter ses codétenues. Elle y arrive, en levant la tête, et en regardant le ciel. Mais comment cette femme seule et si discrète, qui travaillait à la plonge dans un restaurant de province a-t-elle pu se retrouver en cellule ? Elle a crié son innocence, mais tout l’accusait. Elle est la dernière à avoir vu vivant le patron Thierry Racoule, retrouvé le crâne fracassé par une batte de base-ball. Lors d’un atelier d’écriture en prison, sous la plume de la prisonnière c’est une autre voix qui se fait entendre, celle du patron, accoudé à son comptoir et qui contemple goguenard sa petite basse-cour. Il n’a que mépris pour ces gens qu’il embauche, et qu’il manipule. Mais surtout, il y a quelqu’un qu’il déteste, c’est Léa, qui échappe à son contrôle, Léa et « sa tronche de rien du tout. (…) Elle fait la gueule. Elle fait toujours la gueule, cette conne ».
Au fil de l’histoire, deux Léa émergent. La misanthrope et l’ornithologue. Celle qui une fois sortie de prison n’entend et ne voit que les oiseaux. Dans ce petit livre dense et serré comme un poing vengeur, Elsa Dauphin trace le portrait d’une femme qui tente de survivre dans un monde sans pitié. Sa force elle la puise dans la contemplation du paysage, dans l’attention qu’elle porte à l’infiniment petit qui la projette loin du monde. « L’apaisement presque soporifique que me procure une étude légère, n’ayant aucun objectif défini, est proche du rêve, sur le fil d’une réalité que je tiens à distance ». À la fois récit naturaliste et journal d’une exilée sociale, ici la légèreté de la nature vient contrebalancer la lourdeur du réel et le drame sous-jacent. L’ouvrage d’Elsa Dauphin rejoint les thématiques qui lui sont chères, comme dans La Compagnie des vaches : l’aliénation dans le travail et la volonté de ceux qui dirigent de faire plier les esprits les plus rétifs.

Virginie Mailles Viard

Captive
Elsa Dauphin
Lunatique, 134 pages, 14

Captive, d’Elsa Dauphin Par Virginie Mailles Viard
Le Matricule des Anges n°230 , février 2022.
LMDA papier n°230
6,50 
LMDA PDF n°230
4,00