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Domaine étranger Le mal d’Italie

février 2022 | Le Matricule des Anges n°230 | par Camille Cloarec

Le roman de Marco Balzano nous conduit dans une région de Roumanie qu’il faut fuir pour survivre. Un récit choral touchant de justesse.

Quand je reviendrai

Dans la vie, il faut juste se tenir les uns contre les autres, comme les lapins dans la cour les jours de gel. » Tel est le credo de Manuel, un adolescent dont la famille n’a jamais bougé de son village natal. Son père, ouvrier dans une usine de papier de verre, est au chômage depuis plusieurs mois. Sa sœur Angelica, de huit ans son aînée, est une étudiante brillante. Quant à sa mère, Daniela, elle vient de les quitter. Un matin, alors que la maisonnée délabrée et ses occupants se réveillent, elle n’est plus là. « Je préférais mourir là plutôt que d’avoir le chagrin de vous dire adieu, les yeux dans les yeux », confiera-t-elle plus tard. Daniela est partie en bus dans la nuit, comme tant d’autres avant elle que la pauvreté et l’absence de perspective dans cette Roumanie post-communiste ont poussées à se frayer un chemin de l’autre côté, en Italie. Alors qu’elle parvient à Rome et y déniche son premier travail précaire, à savoir de l’assistance à un vieil homme sénile, ses enfants ressentent la situation comme une trahison. Elle s’efforce de revenir autant que possible, une ou deux fois par an, les bras chargés de cadeaux. Mais cela ne fait que renforcer le sentiment d’abandon qu’éprouvent Manuel et Angelica. Peu à peu, la communication s’amenuise entre eux. De son côté, le père ne tarde pas à déserter le foyer familial pour un emploi de chauffeur routier, posant « la pierre tombale sur un mariage mort depuis des années ». Le temps file. Manuel s’éloigne de plus en plus des études. C’est sa manière à lui de punir sa mère, laquelle dépense une bonne partie de son maigre salaire dans les frais de scolarité, et de s’ancrer encore davantage dans son village. Il se persuade que « rien ne garantit que cela durera, les mères qui travaillent à l’étranger reviendront peut-être et les gens apprendront à apprécier ce coin ». Il faut une catastrophe pour que Daniela rentre en Roumanie.
Nous découvrons alors, dans la seconde partie du roman, ce qu’a été son quotidien durant tous ces mois. L’ingratitude de ses nombreux employeurs. L’épuisement physique et psychique qu’engendre la vie auprès de personnes grabataires. La déchéance et le dévouement qu’un tel sacrifice implique. « Quand on est privé de sa langue, on raisonne comme des animaux », l’avait prévenue une compagne d’infortune. Elle est victime de ce que les médecins appellent le mal d’Italie. Quant à la dernière partie de Quand je reviendrai, elle nous fait pénétrer les pensées d’Angelica, la grande sœur qui n’a jamais flanché. Cette structure polyphonique, pétrie d’empathie et de délicatesse à l’égard de ses différents personnages, parvient à souligner à travers la banalité d’une telle situation les traumatismes, les engrenages et les malheurs qui en découlent. Sans pouvoir apporter de solution. « Ce travail est le seul que nous trouvons, ce pays est le seul où nous sommes nés, et cette époque est la seule que nous ayons à vivre. »

Camille Cloarec

Quand je reviendrai
Marco Balzano
Traduit de l’italien par Nathalie Bauer
Philippe Rey, 222 pages, 20

Le mal d’Italie Par Camille Cloarec
Le Matricule des Anges n°230 , février 2022.
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