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Domaine français Espagne premier amour

avril 2022 | Le Matricule des Anges n°232 | par Yann Fastier

Espagne premier amour

Espagne, 1939. La République a perdu la guerre. Des milliers de réfugiés se pressent à la frontière française avant d’être parqués dans des camps de fortune. Le narrateur, mandaté par un comité d’entraide, a reçu pour mission d’en faire libérer le plus possible. Parmi eux, il rencontre Pierre, un jeune peintre français qui s’est volontairement laissé enfermer à la recherche de celle dont il est tombé amoureux pour l’avoir brièvement côtoyée dans sa fuite. Ensemble, ils mettront tout en œuvre pour la retrouver tandis que se prépare une autre guerre.
Au-delà du prétexte amoureux, un rien fuligineux, le roman reste une évocation précise et sans fard des camps de la honte mis en place par le gouvernement Daladier. « Vêtus de loques et pieds nus, aveuglés par la tramontane, ils montaient la garde à l’entrée d’eux-mêmes, moins par amour-propre que fiers d’être hommes » : on pense bien sûr aux Désastres de la guerre de Goya, auxquels le livre fait ouvertement référence, mais plus encore aux prodigieux dessins de Josep Bartolí et au très beau film d’animation qu’Aurel a tiré de son histoire. Le traitement infligé par la France aux réfugiés de la Retirada reste l’une des pages les plus noires d’un roman national qui n’en manque pas et il n’est jamais mauvais de le rappeler. Bonne idée, quoi qu’il en soit, de la part des éditions Julliard, que cette Collection permanente qui permet de redécouvrir certains des titres les plus marquants de leur fonds. Publié en 1965, Espagne premier amour marquait le retour en littérature de Vladimir Pozner (1905-1992) après sa tentative d’assassinat par l’OAS en 1962. Proche du Parti communiste, le journaliste et romancier d’origine russe fut une figure importante des lettres d’après-guerre et, même si son étoile rouge s’est quelque peu ternie depuis, il reste l’un des grands témoins de son temps, riche notamment d’un impressionnant carnet d’adresses (cf. Vladimir Pozner se souvient, Lux, 2013).

Yann Fastier

Espagne premier amour
Vladimir Pozner
Julliard, 142 pages, 16

Le Matricule des Anges n°232 , avril 2022.
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