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Domaine étranger On adorait les cow-boys

mai 2022 | Le Matricule des Anges n°233 | par Camille Cloarec

On adorait les cow-boys

Le road-trip à travers l’État brésilien de Rio Grande do Sul que nous dépeint Carol Bensimon n’a pas grand-chose à voir avec les récits de voyage traditionnels. Il réunit deux amies qui ont été amantes : Cora, originaire de Porto Alegre et exilée à Paris, et Julia, qui vient de Soledade et habite à Montréal. Elles se retrouvent, Cora au volant, Julia côté passager, le temps d’une excursion où l’important n’est pas « d’arriver dans tel ou tel endroit, mais bien plutôt de quitter le précédent ». Les paysages sont plutôt désolés, hantés par des silhouettes désœuvrées, marqués par le Mouvement des sans-terre et les gauchos. « Si quelqu’un apparaît à l’une de ces fenêtres, ai-je pensé, je vais être submergé par une pitié sans fond », se dit invariablement Cora.
Au fur et à mesure que la route défile, les deux femmes se confient l’une à l’autre. Le fardeau patriarcal, les tabous liés aux pratiques religieuses, l’homophobie latente ou encore l’isolement misérable des campagnes ont défini leurs personnalités, leurs choix et leurs mal-être. Le silence qui hante la famille de Julia, obsédée par la conformité, s’oppose à la dislocation de celle de Cora, entre une mère esseulée et aigrie, et un père sur le point d’avoir un fils avec une conjointe de vingt-cinq ans sa cadette. C’est la société, le pays entier qui semble irrécupérable. Un peu plus chaque jour, l’expédition hasardeuse prend des allures de réparation, voire d’affranchissement. Cependant, il est si douloureux de s’extirper de son histoire familiale que parfois, la seule solution est la fuite – « à l’idée qu’on avait parcouru plus de quatre cents kilomètres pour voir une tombe, une maison, un frère agressif, une ville dont chaque coin de rue réaffirmait l’état déplorable, et que rien de tout cela ne nous soulagerait du poids de nos problèmes personnels, que rien de tout cela ne nous rendrait heureuses, que rien de tout cela ne retarderait la fin de ce voyage, notre inéluctable séparation, j’avais envie de disparaître ».

Camille Cloarec

On adorait les cow-boys
Carol Bensimon
Traduit du portugais (Brésil) par Dominique Nédellec
Belfond, 187 pages, 21

On adorait les cow-boys Par Camille Cloarec
Le Matricule des Anges n°233 , mai 2022.
LMDA papier n°233
6,50 
LMDA PDF n°233
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