La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
ZA Loup à Loup 83570 Cotignac
tel ‭04 94 80 99 64‬
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Domaine français Inventaire des silences de Sophie Pujas

avril 2026 | Le Matricule des Anges n°272 | par Éric Dussert

Inventaire des silences

Après les romans-fleuves et les sagas, après les romans à thèse (marxiste, Nouveau Roman et autres projets post-sartriens), puis après les autofictions, et après celles-ci la vague présente des biofictions – vie de bidule par X, vie de machin par Y, expressions un peu obscènes du patinage des inspirations de notre époque –, la littérature s’est attachée au fragment comme ultime espace de créativité possible. Quelques tentatives de roman-monde n’ayant convaincu personne de l’intérêt d’une multiplication du genre. La contre-utopie en revanche foisonne – on la nomme dystopie quand on est lettré –, et le drame intime qui occupe beaucoup la filière du livre, depuis les auteurs de manuscrits jusqu’au libraire. Journaliste culturelle spécialisée dans l’art des rues, Sophie Pujas a trouvé à se distinguer en associant au récit d’un deuil et d’une immense culpabilité – une fâcherie conjugale a conduit le père de l’enfant de la narratrice à découcher et à se faire renverser par une voiture – un substrat culturel : l’invisible représenté. Et c’est dans les carnets du défunt que la narratrice trouve un sens à son épreuve : il y consignait des réflexions, anecdotes et citations liées à la représentation de l’invisible, comme le fantôme qu’il est justement devenu. Après l’art sans art, l’art sans artiste, l’art sans support, l’art sans incarnation, c’est ici l’art non visible qui trouve dans le deuil l’occasion de se rendre lisible… dans un roman. « Comment composons-nous avec la perte ? » en est la question essentielle.
Ce qui aurait pu constituer aussi un petit essai d’anthologie de citations d’artistes célèbres (de Gerhard Richter à Michel Nedjar en passant par Ernest Pignon-Ernest) prend sous la plume délicate de Sophie Pujas des allures de fiction réussie où la phrase ne tangue pas. Et puisqu’on lit dès les premières pages le nom d’Henri Calet, il devient tentant de détourner sa fameuse citation en « Ne me secouez pas, je suis plein de fantômes »

Éric Dussert

Inventaire des silences, de Sophie Pujas
Actes Sud, 160 pages, 17,50

Inventaire des silences de Sophie Pujas Par Éric Dussert
Le Matricule des Anges n°272 , avril 2026.
LMDA PDF n°272
4,50 
LMDA papier n°272
7,30  / 8,30  (hors France)