La rédaction Catherine Simon
Articles
Oran, à hue, à dieu, à diable
Roman choral au cœur de la « décennie noire » algérienne, Houaria de Inam Bioud est une comédie humaine, sensuelle et survoltée.
Elle a mis six ans à écrire ce roman – et cela se comprend. Inam Bioud a vécu à Oran entre 1990 et 2000 : le chaudron de la guerre civile algérienne, la baptisée « décennie noire », l’auteure y a été plongée, tout comme son héroïne, Houaria – dont le prénom est un clin d’œil au Saint patron d’Oran, Sidi Houari. Inam Bioud a eu le temps, cependant, avant que les premières tueries ne surviennent, au printemps 1993, de goûter aux secrets de cette ville unique, dont on a « l’impression qu’elle enlace la mer », et d’en aimer les habitants « si joyeux, si désinvoltes, si généreux, alors même...
Les dessous noirs de l’Algérie
Un polar amer, politique et bien documenté, des années 1950 aux années 2000.
Le titre n’annonce rien de fameux ? Ne pas s’y arrêter. C’est à une plongée au cœur de l’histoire algérienne, dans un style potache et glacé, aux antipodes du roman national made in FLN, que nous invite son insolent auteur. Ce n’est pas si souvent ! Né en Algérie en 1970, parti en Italie en 1995 aujourd’hui professeur à l’université de Yale, aux États-Unis, Amara Lakhous est un spécialiste de...
Les mémoires renaissantes d’Abdellah Taïa
Largement autobiographique, Le Bastion des larmes est un livre de voix, un ballet de fantômes pleins de vie, de rancœur et d’audace.
Ce n’est pas Jean Genet qui m’a appris la transgression, ce sont mes sœurs », insiste le drôle de garçon de 51 ans, que l’on retrouve à Paris, en septembre. Depuis ses premiers livres, Mon Maroc (Séguier, 2000), L’Armée du salut (Seuil, 2006) ou Le Jour du Roi (Seuil, 2010), pour ne citer que ceux-là, cet obstiné n’a guère changé de sujets d’écriture ni d’allure. Même maigreur enfantine, même...
Le Désastre de la maison des notables
Née en 1978 à Sousse, où elle vit et enseigne, l’universitaire Amira Ghenim n’en est pas à son coup d’essai : l’un de ses premiers romans, El Melef El Asfar, racontait déjà, en arabe, les affres d’une passion amoureuse, avec femme fatale et couple déchiré à la clé. Un motif analogue sert d’intrigue à son nouvel opus, Le Désastre de la maison des notables, édité en 2021 et dont les éditions...
Les suicidés du Tibre
En un poignant « voyage vers l’origine », Maria Grazia Calandrone retrace une histoire d’amour tragique, dans l’Italie de l’après-guerre.
Rome, juin 1965. « La fillette retrouvée à la Villa Borghèse s’appelle Greco Maria Grazia. Née à Milan le 15 octobre 1965 (sic). Je l’ai abandonnée à Rome. Car mon ami n’avait pas les moyens de l’entretenir et mon mari, c’est-à-dire son père, disait qu’elle n’était pas sa fille. Me trouvant dans des conditions désespérées, j’ai dû me décider à laisser ma fille à la compassion générale, et mon...





