La rédaction Catherine Simon
Articles
Sissie la Noire en Europe blanche
Comment peut-on être ghanéenne dans les années 1970 ? Un roman émancipateur d’Ama Ata Aidoo.
Il aura fallu presque cinquante ans pour que ce roman de la littérature africaine anglophone soit enfin traduit en français et que le nom de la Ghanéenne Ama Ata Aidoo parvienne à nos oreilles. Cette professeure d’université, défenseuse de la cause des femmes, laisse derrière elle des écrits peu nombreux mais marquants, allant du théâtre à la poésie, du roman au livre jeunesse. Saluée à sa mort, en 2023, à l’âge de 81 ans, comme une « écrivaine exceptionnelle » par le chef de l’État, Ama Ata Aidoo – qui fut ministre de l’éducation au début des années 1980 – eut droit à des funérailles...
Baya ou l’innocence
Conteur hors pair, à l’écriture formidablement indocile, Aziz Chouaki restitue un concentré de l’âme algérienne. Réédition.
Trente ans après sa parution en 1989, à Alger, le premier roman d’Aziz Chouaki ressort en France. Choc ! Avec Baya, sa narratrice, s’élèvent les voix mêlées d’une Algérie gouailleuse, joyeusement bâtarde, qu’on avait presque oubliée : celles d’un pays entre deux guerres. Le combat pour l’indépendance (1954-1962) appartient au passé, alors que la colère populaire, épousant la cause islamiste,...
Nuits à la chaîne
Avec ses copines de tapin, Joy et Happy, qui se sont choisi des surnoms d’une ironie maous, Grace, jeune Nigériane de Benin City, a arpenté, trois ans durant, les allées du bois de Vincennes. Trois ans, c’est aussi le temps de l’enquête qu’a menée la documentariste française Karine Miermont, ancienne professionnelle de la télévision, avant d’écrire ce livre. Dans ce récit fictionné, bien...
Désirs contrariés
Ils ne s’appellent pas Jules et Jim, mais Oscar, Julien et François. Nous sommes au XXIe siècle, à Paris, du côté de la place Clichy dans un roman faussement léger, mené à un rythme d’enfer. Pas très loin de Truffaut, à ceci près que l’histoire est contée, non par les hommes, mais par elle, l’héroïne, imprévisible feu follet. Elle s’appelle Cléa et travaille comme animatrice dans un Ehpad....
Les fantômes de Hoda Barakat
Affreux, sales et errants : l’écrivaine libanaise donne voix, dans Courrier de nuit, à ces naufragés qui n’ont nulle part où se poser et vivre.
Arrivée en France en 1989, c’est avec son premier roman, édité à Londres en 1990, traduit en français en 1996, que Hoda Barakat s’est fait connaître en Europe : La Pierre du rire racontait l’irrésistible transformation de Khalil, un jeune homosexuel timide, rattrapé par la guerre (du Liban) et ses diktats mortifères. Dans Courrier de nuit, son dernier-né, roman polyphonique peuplé de voix...





