La rédaction Catherine Simon
Articles
Oran, à hue, à dieu, à diable
Roman choral au cœur de la « décennie noire » algérienne, Houaria de Inam Bioud est une comédie humaine, sensuelle et survoltée.
Elle a mis six ans à écrire ce roman – et cela se comprend. Inam Bioud a vécu à Oran entre 1990 et 2000 : le chaudron de la guerre civile algérienne, la baptisée « décennie noire », l’auteure y a été plongée, tout comme son héroïne, Houaria – dont le prénom est un clin d’œil au Saint patron d’Oran, Sidi Houari. Inam Bioud a eu le temps, cependant, avant que les premières tueries ne surviennent, au printemps 1993, de goûter aux secrets de cette ville unique, dont on a « l’impression qu’elle enlace la mer », et d’en aimer les habitants « si joyeux, si désinvoltes, si généreux, alors même...
Kahawa de Donald E. Westlake
Publié en 1981 dans sa version (américaine) originale, ce polar africain n’a pas pris une ride. Au contraire ! Western pétaradant, ce bijou noir du grand Westlake met en scène, façon John Wayne, l’Ouganda du dictateur Idi Amin Dada, connu pour sa folie cruelle et le régime de terreur qu’il instaura dès 1971 dans ce pays enclavé d’Afrique de l’Est. Nous sommes en 1977, le règne d’Idi Amin...
L’exception tunisienne
De Carthage à Sidi Bouzid, Sophie Bessis arpente trois mille ans d’Histoire – riche en paradoxes – d’un seul souffle.
D’abord, le plaisir. Il est rare que l’Histoire se lise comme une histoire : avec l’envie, s’aiguisant d’épisode en épisode, de connaître la suite, alors même que l’on sait d’avance que ce récit n’aura pas de fin puisqu’il s’agit d’Histoire, et que certains personnages ou événements nous sont familiers. Didon, princesse phénicienne, Hannibal et ses armées, les frères Barberousse et leurs...
La Société des rêveurs involontaires de José Eduardo Agualusa
On retrouve, dans ce roman d’Agualusa, écrivain prolifique, né en 1960 à Huambo (Angola, alors colonie portugaise), la même veine poétique, le même goût pour le fantastique que dans ses récits précédents. L’auteur de Théorie générale de l’oubli met en scène, cette fois-ci, un étrange tandem : le journaliste Daniel Benchimol, « spécialisé dans les disparitions », retrouve un ancien camarade...
mars 2019
Le Matricule des Anges n°201
Clochemerle au Cap
Deux vieilles dames et la haine : Yewande Omotoso montre les blessures toujours à vif dans l’Afrique du Sud post-apartheid.
Elles ne peuvent pas se sentir et, fait plus rare, ne s’en cachent pas. Marion et Hortensia sont voisines. La haine qui les sépare est, à la façon du mur de Simone Weil, citée en exergue du roman, « ce qui leur permet de communiquer ». Un vrai spectacle. Avec ses reparties cinglantes, ses rebondissements, ses coulisses pleines de fantômes et d’amertume. Le tout, sur fond d’Afrique du Sud...





