La rédaction Didier Garcia
Articles
Crimes bien organisés
Avec À chacun son dû, l’écrivain italien Leonardo Sciascia (1921-1989) ouvre une fenêtre sur la société sicilienne des années 1960.
Comme le dit le facteur en remettant la sienne à Manno, le pharmacien d’une petite ville de Sicile : « Chez nous le vice des lettres anonymes à la vie dure. » Composée de mots découpés dans un journal, elle est sa condamnation à mort : « pour ce que tu as fait tu mourras ». Ne se connaissant pas d’ennemi, il conclut rapidement à la plaisanterie de mauvais goût. Et autour de lui, les avis sont unanimes : il ne peut s’agir que d’une farce.
Toujours est-il que quelques jours plus tard le pharmacien et son ami le médecin sont retrouvés morts ; ils ont été abattus alors qu’ils faisaient...
Un auteur
Lignes de coke
Descente dans l’enfer de la drogue avec l’unique roman d’un écrivain inconnu. L’histoire d’une déchéance, racontée sans complaisance.
L’histoire littéraire aime les écrivains entourés de légendes et de mystères. Quand elle en tient un, elle le dorlote. Voyez ce qu’il advint d’un Baudelaire ; mieux encore : d’un Isidore Ducasse, dont elle a fait une sorte de mythe. Mais peut-être lui manquait-il un romancier qui fût à lui seul une énigme. Qu’elle se rassure : elle aura M. Aguéev.
On ne sait quasiment rien de l’auteur russe...
Un livre
Les Ponts
de
Tarjei Vesaas
Le roman du presque rien
Peu d’ingrédients romanesques dans ce roman de Tarjei Vesaas (1897-1970), poète, romancier, nouvelliste et dramaturge norvégien tenu pour une des figures majeures de la prose scandinave : un garçon et une fille, âgés de 18 ans, liés par une amitié que leur plus tendre enfance a soudée, et promis l’un à l’autre par leurs parents ; la découverte du cadavre d’un bébé au fin fond d’une...
Un livre
Nioques 1.9/2.0
Radicalement Nioques
Dès 1996, date de sa fondation par Jean-Marie Gleize et Michel Crozatier, Nioques, néologisme créé par Ponge, a confronté son lectorat aux formes les plus radicales de la modernité, aussi bien littéraire que plasticienne. Elle a ainsi proposé, à raison de deux numéros par an (exception faite des années blanches), une moisson d’écrivains inscrits dans ce que l’on a coutume de nommer...
Un auteur
Pons à l’âge de pierre
Gel, pluie, froideur extrême et pourriture : portrait de l’homme en animal, traînant dans la boue sa détresse et son horreur. Saisissant.
Après de vagues études de philosophie, rapidement abandonnées, Maurice Pons, né en 1927, publie un roman insolent inspiré de Stendhal, Métrobate (1951), puis un recueil de nouvelles (Les Virginales, 1955), qui a le double mérite de déplaire à François Mauriac, ce qui le met aussitôt à la mode, et de servir de base à Truffaut pour le scénario de Les Mistons. En 1957, il se retire au Moulin...


