La rédaction Didier Garcia
Articles
Crimes bien organisés
Avec À chacun son dû, l’écrivain italien Leonardo Sciascia (1921-1989) ouvre une fenêtre sur la société sicilienne des années 1960.
Comme le dit le facteur en remettant la sienne à Manno, le pharmacien d’une petite ville de Sicile : « Chez nous le vice des lettres anonymes à la vie dure. » Composée de mots découpés dans un journal, elle est sa condamnation à mort : « pour ce que tu as fait tu mourras ». Ne se connaissant pas d’ennemi, il conclut rapidement à la plaisanterie de mauvais goût. Et autour de lui, les avis sont unanimes : il ne peut s’agir que d’une farce.
Toujours est-il que quelques jours plus tard le pharmacien et son ami le médecin sont retrouvés morts ; ils ont été abattus alors qu’ils faisaient...
Un auteur
L’écrivain clandestin
Romancier, et peut-être plus encore nouvelliste, Maurice Pons (1925-2016) fut un écrivain rare. Charmeur et inquiétant, ne détestant pas tricher avec le réel et le vécu, l’auteur des Saisons aimait surtout à lever le voile des apparences et de la logique pour révéler l’absurdité du monde.
Pour qui s’intéresse à l’œuvre d’un écrivain, au point de vouloir se pencher sur son parcours, il y a comme une curiosité naturelle et légitime à chercher ce qui a pu décider d’une vocation. S’agissant de Maurice Pons (né en 1925 à Strasbourg, et disant devoir s’appeler Maurice à la rue Saint-Maurice où il a vu le jour), nous pouvons avancer deux hypothèses, qui nous viennent de ses Souvenirs...
L’art de la résilience
Avec Padre Padrone, l’Italien Gavino Ledda (né en 1938) présente son parcours de berger sarde jusqu’aux portes du savoir.
C’est dans une Sardaigne mortifère, donc au plus loin des clichés touristiques qui en font une sœur jumelle de la Corse, que l’auteur nous accueille : « C’est un coin maudit, et on voit bien que lorsque le bon Dieu a fait le monde, il a demandé de l’aide au diable pour faire la Sardaigne. Rien que feu et pierraille, des jurons à n’en plus finir et des enragés qui déchirent leur misérable vie...
La nature, miroir de l’être
Avec La Montagne vivante, Nan Shepherd (1893-1981) nous entraîne en Écosse, pour observer le paysage et y découvrir ce que nous sommes.
Dans ces pages, pourtant exclusivement consacrées à la montagne, vous ne trouverez aucune expédition au long cours (avec camp de base, attente d’une météo favorable, et conditions dantesques d’ascension), pas de course aux records, pas de sommet mythique à atteindre… La plupart des noms propres que vous croiserez ne vous diront probablement rien, à commencer par ces Cairngorms, qui furent le...
L’autorité du non-sens
La Caisse d’Aris Alexandrou (1922-1978) donne à voir la guerre civile grecque par le trou de la serrure. Mais dans toute son absurdité.
Si nous pouvions nous en tenir à un strict résumé des faits, il suffirait d’une phrase pour présenter « l’opération Caisse » : avec un commando communiste d’une trentaine d’hommes, le narrateur doit assurer clandestinement le transport d’une caisse en fer (dont nous ignorons ce qu’elle contient quelques pages avant la fin du roman, et dont nous ne dirons rien de plus ici) de la ville de N...





