La rédaction Didier Garcia
Articles
Crimes bien organisés
Avec À chacun son dû, l’écrivain italien Leonardo Sciascia (1921-1989) ouvre une fenêtre sur la société sicilienne des années 1960.
Comme le dit le facteur en remettant la sienne à Manno, le pharmacien d’une petite ville de Sicile : « Chez nous le vice des lettres anonymes à la vie dure. » Composée de mots découpés dans un journal, elle est sa condamnation à mort : « pour ce que tu as fait tu mourras ». Ne se connaissant pas d’ennemi, il conclut rapidement à la plaisanterie de mauvais goût. Et autour de lui, les avis sont unanimes : il ne peut s’agir que d’une farce.
Toujours est-il que quelques jours plus tard le pharmacien et son ami le médecin sont retrouvés morts ; ils ont été abattus alors qu’ils faisaient...
Un auteur
Christian Prigent, pour le droit à l’obscurité
Une Erreur de la nature et A quoi bon encore des poètes ? : deux nouveaux essais de Christian Prigent pour fouiller la littérature difficile. Entre l’illisible et le moderne.
Sur le sol, des jouets d’enfant (ceux de sa fille Judith) ; sur les murs, plusieurs rayonnages de livres, ceux dont Christian Prigent avoue ne pas avoir honte. Une sorte de bibliothèque « idéale » qui veille sur son bureau, et où se côtoient des grammaires de langue bretonne, une première édition de La Nuit du Rose-Hôtel de Maurice Fourré (dans la collection « Révélation » que dirigeait...
Un livre
Le Cri
de
Robert Graves
Les histrions de Graves
Un verbe fantasque et seize nouvelles pour asséner de drôles d’injures au réel : Robert Graves (1895-1985) ou l’art de tout tourner en dérision.
Romancier anglais, poète, historien, pamphlétaire, nouvelliste, traducteur, biographe de T. E. Lawrence et auteur d’une œuvre de cent trente volumes, traductions comprises, Robert Graves n’a pas lésiné sur les moyens pour assurer sa postérité. Impressionnante, colossale, et pourtant cette œuvre demeure peu présente en France avec seulement une quinzaine de titres traduits depuis 1933 !...
Un livre
Cet Héritage au goût de sel
de
Alistair MacLeod
Le Trésor des anciens
Alistair Mac Leod défie le blizzard et fouille le ventre de la terre pour retenir les gestes d’un monde qui s’éteint. Un recueil réaliste, jusqu’à l’outrance.
Cap-Breton, pointe Ronkin, Cape Spear, Nouvelle-Écosse, mais ici pas d’invitation au voyage. Alistair MacLeod n’a rien d’un vendeur de rêves et ses espaces de bout du monde ne promettent pas une vie de cocagne. « Le vent hurlait autour de la maison et la neige, aussi dure que des aiguilles, boursouflait le port couvert de glace, et les poignées de porte glissaient de la main des gens s’ils ne...
A l’école de Cézanne
Octobre 1907. Dans la capitale française, l’événement a lieu au Salon d’Automne : la rétrospective Cézanne célébre le premier anniversaire de sa mort. Dans les premières lettres adressées à Clara Westhoff, son épouse depuis 1901, Rilke impose encore sa voix de poète : « Des nuages, des nuages lâches, du vent, de brèves ondées, et d’une haute éclaircie, soudain, du soleil, ainsi qu’un...



