La rédaction Didier Garcia
Articles
Crimes bien organisés
Avec À chacun son dû, l’écrivain italien Leonardo Sciascia (1921-1989) ouvre une fenêtre sur la société sicilienne des années 1960.
Comme le dit le facteur en remettant la sienne à Manno, le pharmacien d’une petite ville de Sicile : « Chez nous le vice des lettres anonymes à la vie dure. » Composée de mots découpés dans un journal, elle est sa condamnation à mort : « pour ce que tu as fait tu mourras ». Ne se connaissant pas d’ennemi, il conclut rapidement à la plaisanterie de mauvais goût. Et autour de lui, les avis sont unanimes : il ne peut s’agir que d’une farce.
Toujours est-il que quelques jours plus tard le pharmacien et son ami le médecin sont retrouvés morts ; ils ont été abattus alors qu’ils faisaient...
L’Aphorismose
Dans une courte préface, Stéphan Lévy Kuentz met un point d’honneur à rapprocher Théodore Kœnig des surréalistes… Il semble bien en effet que l’ancien fondateur de la revue Phantomas ait gardé du surréalisme le goût de la trouvaille : « Ni bu, ni connu », « Il n’y a pas de fumiste sans fumée », « Le tatillon titille à tâtons », « plus on est de vous, moins on rit » ! Avec autant de finesse,...
Défloraisons côté jardin
Des séductions végétales aux ivresses animales : une lente plongée dans les joies érotiques du jardin. Jean-Pierre Otte ou l’écriture sensuelle.
Nous le savions romancier -une dizaine de romans publiés depuis 1977-, nous venions de découvrir en lui un explorateur -à la conquête des mythes, du cercle arctique à l’Océanie, pour Les Matins du monde-, mais nous ignorions encore que cet écrivain belge occupe son temps libre à musarder dans son jardin et observer les êtres vivants qui l’habitent ! L’Amour au jardin : cent cinquante pages...
Un livre
On verra bien
de
Georges L. Godeau
On verra bien
Proche de C’est comme ça (1988), qui trouvait son inspiration dans les joies et les peines des gens, On verra bien emprunte à la vie quotidienne son lot de banalités, que le poète isole de son milieu naturel pour en révéler la fragilité. Si l’idée pouvait paraître séduisante, les textes en revanche n’enchantent guère : une pêche au petit matin, un jour de pluie à la campagne, une après-midi...
Un livre
Nus et masques
de
Anne Delmer
Autopsie fin de siècle
Après les textes brefs de L’Etau et les nouvelles d’Avatars, Anne Delmer nous revient avec un troisième recueil. Miroir d’un monde en crise.
Il ne fait pas bon vivre dans l’univers que décrit Anne Delmer. Tout y est hostile à la vie aussi bien qu’à la paix, à commencer par la nature qui ne ressemble plus à rien avec ces arbres qui saignent dans de vastes flaques de sang et qui n’inciteraient guère les promeneurs à arrêter leur marche. Derrière d’inquiétantes brumes, dont on ne sait si elles proviennent d’un rêve ou seulement...



