La rédaction Martine Laval
Articles
Gino, artiste de la découpe
L’Italien Dario Voltolini met en scène son père boucher sur le marché de Turin. Hivernal, entre réalisme et délicatesse, est un adieu au paternel et aussi un hommage au travail. Puissant.
Clope au bec, une Nazionale sans filtre, et long couteau à la main, Gino règne en maître derrière son étal, en une chorégraphie réglée au millimètre, mais lui ne dirait pas chorégraphie, il dirait : travail. Il lui faut faire vite, les clients se pressent, s’impatientent. Au marché de Turin, le Porta Palazzo, ça grouille de monde et de bidoche. Gino achète des agneaux, la bête entière, la découpe, et la vend. Autour de lui, ses collègues s’agitent de même. Chacun sa spécialité, il y a ceux des lapins, des cochons, des bœufs. Ils s’apostrophent, blaguent, font crisser les lames, tapent du...
Bologne, mio amore
Le Chemin de fer crée une nouvelle collection de romans noirs. Où l’on retrouve le truculent italien Loriano Macchiavelli et son personnage fétiche, le sergent Sarti Antonio.
C’est un type ordinaire qui a toujours l’air d’être dans « le coaltar ». Un peu gris, un peu chiffonné – fatigué. Son chef le houspille sans cesse. Lui, il bougonne et n’en fait qu’à sa tête. Quand il est vraiment préoccupé, il parle tout seul à voix haute. Il a aussi les intestins capricieux, parfois, en plein boum, il doit se réfugier fissa aux petits coins. Il maudit sa ville, Bologne, il...
Tout sur la mère
En se racontant, de sa naissance à aujourd’hui, Marianne Rubinstein met à jour l’histoire d’une époque. Encore mieux : une histoire des femmes.
Tant que l’on ne sait pas, on ne peut pas oublier : si l’on veut pouvoir oublier, il faut commencer par savoir. » C’est au détour de la page 85, vers la fin de l’ouvrage, que cette petite phrase surgit presque furtivement. Elle donne pourtant tout son sens à ce Bord de mère. Pour savoir, sans doute faut-il écrire, s’acharner tranquillement à ce travail de précision, accepter de fouiller sa...
Demain, je vivrai
José Vieira, fils de travailleur portugais, fait le récit de son enfance dans un bidonville. Un texte fort, pudique et politique.
À l’école, il se tient à carreau. En quelques mois, il a appris le français, appris à encaisser les railleries des autres gosses. Il ne connaît pas les feuilletons de l’époque, Zorro, Thierry la fronde. Chez lui, il n’y a pas de télé encore moins d’électricité. Quant à l’eau, il faut vaincre une boue gluante pour aller remplir ses seaux. La maison de José Vieira, c’est une baraque, une parmi...
Ni dieu, ni mec
Avec ses Chiennes de garde, Dahlia de la Cerda en met plein la vue – et même la gueule. Petit traité de féminisme et de survie dans la jungle mexicaine d’aujourd’hui.
Gare à celui qui osera encore dire que les filles sont des mauviettes ou des salopes, qu’elles n’ont que ce qu’elles méritent, à savoir coups, humiliations, viols. C’est fini. L’heure est à la relève sinon à la révolution. Dahlia de la Cerda brandit une littérature d’un genre nouveau, combine des mixes plutôt contraires : des coups de poing et de la tendresse, un parler populaire, vulgaire,...





