La rédaction Richard Blin
Articles
Un livre
Œuvre poétique complète
de
Pierre Peuchmaurd
Une jubilation dégrisée
Sauvagement libre et souveraine, la poésie de Pierre Peuchmaurd (1948-2009) met à nu les splendeurs discordantes du définitif et de l’initial, celles aussi de la mélancolie et de l’enchantement. À grand renfort d’images à la beauté indocile, et sur fond de célébration du désir.
J’écris dans l’ombre, la querelle, le ciel bleu. J’écris dans ta robe, sous le vent. J’écris comme la petite Jivaro regarde son papa réduire les têtes, comme elle dévisage son futur amant. » Il y a du défi dans cette façon qu’a Pierre Peuchmaurd de mettre en images, et de placer sous les auspices du pur plaisir de l’allure, son rapport à l’écriture, d’inscrire sa poésie dans la semi-clandestinité de l’ombre, les jeux sombres de la cruauté et l’éclat luxueux et sauvage de l’altérité. Une manière de nous dire qu’elle n’a, sa poésie, d’autre raison d’être que de faire voir à nos regards...
L’appel du sublime
En imaginant les dernières nuits de l’empereur philosophe que fut Marc-Aurèle (121-180), Didier Laroque nous donne un roman authentiquement littéraire, où la véhémence des idées et la grandeur d’âme le disputent à l’harmonie du sensible et de l’intelligible.
Quand Marc-Aurèle, en 178, reprend le chemin de la Germanie pour diriger une nouvelle guerre de défense contre la pression invasive des Quades et des Marcomans qui, refusant la pax romana, ont à nouveau franchi la frontière orientale de l’Empire, il ne sait pas qu’il entreprend son dernier voyage. Touché par la peste, il décèdera en mars 180, à 58 ans, dans un lieu mal défini quelque part du...
Un auteur
Le livre des mémoires dont on ne se souvient pas
Dans Chambre obscura, une anthologie personnelle, Sandra Moussempès réorganise selon des perspectives inattendues les mémoires archivées qui sont au fondement même de sa poésie tout en distorsions anamorphosées.
Constituée d’une sélection de poèmes puisés dans les livres qu’elle a publiés depuis Exercices d’incendie (1994) jusqu’à Sauvons l’ennemie (2025), Chambre obscura est une anthologie augmentée en ce sens qu’elle est suivie d’une vingtaine de poèmes inédits, d’une partie critique (Johan Faerber, Anne Malaprade, Liliane Giraudon, Lénaïg Cariou, Bastien Gallet, Carrie Chappell) et d’une...
Un auteur
Les sortilèges d’une poésie du vertige
D’une beauté inquiétante, la poésie de Sandra Moussempès, portée par la puissance iconoclaste d’une écriture gouvernée par des processus de hantise et le questionnement de l’identité féminine, bouleverse notre sens du réel.
Lire, écouter Sandra Moussempès, c’est accepter d’être affecté, d’entrer dans un univers de mondes emboîtés les uns dans les autres, d’être pris dans des jeux de miroirs qui font de chaque poème un objet d’anamorphoses. C’est découvrir une écriture syncopée qui opère par blocs d’émotions et de perceptions, d’éclats de mémoire et de conflagrations sensorielles. Dénudant l’apparence, explorant...
La transmutation du monde en beauté de langue
Loin des commodités du roman courant et de la compulsion moderne au discontinu, la prose romanesque de Jean-Paul Goux fait de la matière de la langue la source même de l’émotion littéraire.
On n’entre pas tout uniment dans l’univers de Jean-Paul Goux, mais il ne faut pas longtemps pour que son écriture agisse et que l’on sente œuvrer la singularité d’un ton, la profondeur d’un éprouvé, la tension d’une voix. Quelqu’un nous parle, s’adresse à nous, sollicite notre écoute, nous subjugue par la force d’entraînement de sa pensée parlée en mouvement. Une voix, portant la présence...



