La rédaction Richard Blin
Articles
« Une façon de parler pour quelques vivants »
Dans un livre qui tient de la fantasmagorie apologétique, et au terme d’une œuvre quasi achevée, Jean-Luc Steinmetz se retourne sur sa vie d’homme d’écriture, de poète mal – ou pas – entendu, mais porté par un désir constant de franchissements et d’affranchissements.
Aller aux choses mêmes, répondre aux sollicitations des réalités les plus immédiates, saluer la beauté, ralentir la fuite du sensible, miser sur des formes cherchant à rendre solidaires le sujet, le langage et le réel comme pour mieux y sertir ou y recueillir le bonheur de l’instant ; tout jouer sur des signes et sur le désir de refonder à neuf – autant que faire se peut – le champ du vivable, c’est ce à quoi s’est voué le poète qu’est Jean-Luc Steinmetz. Spécialiste de la poésie de la fin du XIXe siècle, auteur d’ouvrages de référence sur Rimbaud, Lautréamont, Mallarmé, Corbière, Petrus...
Jouvence inaugurale
Trente ans après être parti vivre là où on est seul, là où on n’est rien, Pierre Cendors se souvient de ce qui fut un double voyage initiatique.
Quête de soi doublée d’une méditation sur la construction amoureuse d’un jeune homme en devenir, Veneris memories est un récit qui se déplie par échos et consonances. C’est une orchestration d’instants vrais – car tous les moments ne sont pas des instants – des moments d’instance sollicitante, qui se découpent, se détachent, trouent la trame du temps. Trente après, ils habitent encore Pierre...
La pauvreté et la splendeur
Homme sans toit, sans foyer, Rilke fut un nomade en quête de l’œuvre qui l’installerait en harmonie avec le monde et le délivrerait du mal d’exister. Olympia Alberti nous entraîne dans son sillage.
Écrivain que chacun connaît mais que peu ont lu, contemporain de Stefan George et de Hofmannsthal, Rainer Maria Rilke (1875-1926) eut une existence de vagabond apatride. Une vie errante en quête du lieu juste, celui qui, lui permettant de s’abandonner entièrement à une ascétique passivité, l’aiderait à affronter, seul, ses « lions intérieurs » tout en travaillant à une œuvre qui, dans et par...
Comment pense la littérature
En interrogeant le pensif, un mode de pensée évasif et oblique propre à la littérature, François Jullien montre comment celle-ci permet d’appréhender le vivre dans son pur avènement.
Passionnant, le dernier essai de François Jullien. Philosophe, helléniste, sinologue, il a fait de l’entre séparant la langue-pensée chinoise de la langue-pensée européenne, un champ d’investigation, un lieu d’exploration des ressources de l’une et de l’autre, et ce, aux fins d’imaginer une stratégie du vivre et du penser qu’il décline de livre en livre. Dans Puissance du pensif il interroge...
L’érotisme lancinant de Leonor Fini
En dressant le portrait littéraire de l’artiste (1907-1996) dont l’œuvre unit la vérité de l’ascèse à l’authenticité de la jouissance, Laurence Benaïm dessine aussi une histoire artistique du XXe siècle.
À l’heure où les collectionneurs d’art privilégient l’art figuratif à tendance surréaliste, et au moment où les artistes femmes font l’objet de toutes les attentions, la vie et l’œuvre de Leonor Fini sont en train d’être redécouvertes dans toute leur originalité et leur puissance. Scandaleuse touche-à-tout, femme libre et totalement indépendante, Leonor Fini fut une artiste insaisissable qui,...





