La rédaction Richard Blin
Articles
« Une façon de parler pour quelques vivants »
Dans un livre qui tient de la fantasmagorie apologétique, et au terme d’une œuvre quasi achevée, Jean-Luc Steinmetz se retourne sur sa vie d’homme d’écriture, de poète mal – ou pas – entendu, mais porté par un désir constant de franchissements et d’affranchissements.
Aller aux choses mêmes, répondre aux sollicitations des réalités les plus immédiates, saluer la beauté, ralentir la fuite du sensible, miser sur des formes cherchant à rendre solidaires le sujet, le langage et le réel comme pour mieux y sertir ou y recueillir le bonheur de l’instant ; tout jouer sur des signes et sur le désir de refonder à neuf – autant que faire se peut – le champ du vivable, c’est ce à quoi s’est voué le poète qu’est Jean-Luc Steinmetz. Spécialiste de la poésie de la fin du XIXe siècle, auteur d’ouvrages de référence sur Rimbaud, Lautréamont, Mallarmé, Corbière, Petrus...
Les couleurs du vivant
Peintre-conteur, imagier, inclassable, Gérard Lattier dit et peint le rugueux du vécu comme les floraisons du vivre. Avec humour et amour.
Il a le regard malicieux, la parole ouverte et revendique la seule vraie liberté, « celle du dedans de la tête ». Il aime la garrigue et les histoires vraies. En d’autres temps il aurait été troubadour, et les couleurs dont il illumine ses histoires brillent de cette lumière qui signe l’accord entre le dit et le montré, le peint et l’écrit. Près de cinquante ans, à présent, qu’il fait rimer...
Réouvrir les yeux
On pourrait dire de la poésie d’Alain Suied (né à Tunis, en 1951, et traducteur de Dylan Thomas, Ezra Pound, William Blake…) qu’elle est de celle qui sorte du livre tant elle invite à s’écarter des chemins tout tracés. Après La Lumière de l’origine (1988), ou encore Le Champ de gravité (2002), voici L’Éveillée, dédié à sa mère. Des pages de deuil et de recommencement, d’écoute et de...
Un livre
Sarinagara
de
Philippe Forest
Horreur et splendeur
Faire tenir des mots autour de quelques images dont la vérité nous concerne tous, voilà ce que réussit le roman de Philippe Forest.
Derrière les coulisses mouvantes de la réalité, le monde est un rêve et la vie n’est que « l’étirement d’un songe d’enfant depuis longtemps révolu ». Depuis qu’il a perdu sa fille (voir L’Enfant éternel, 1997, Gallimard, rééd. Folio), Philippe Forest vit avec un drôle de sentiment d’étrangeté, dans un monde totalement affadi et neutre. Le Japon lui fut « le pays d’après », celui où apprendre...
Un livre
Dansant disparaissant
de
Bernard Desportes
Desportes, la langue fauve
Dans un face à face avec l’absolu de l’enfance et du désir, l’auteur de « Dansant disparaissant » écrit au bord du souffle, de la mémoire et de l’abîme.
Bernard Desportes écrit comme on se fraye un passage avec exaltation et lucidité, angoisse et rage. Il écrit contre, il écrit pour aller au bout de ce qui l’emporte, au bout du désir ou du désastre. Il sait que c’est en vain, que c’est comme creuser une issue vers rien, mais il y va quand même. Sa phrase tourne, s’enfonce, implacablement, cruellement, voluptueusement. Elle tourne autour de...


