La rédaction Thierry Guichard
Articles
Éros, Thanatos, harengs
Le deuxième volet de la saga autour du village de Segulfjördur au nord de l’Islande montre comment la modernité finit par arriver dans la colonie danoise. Préparant son indépendance.
Dans Soixante kilos de soleil, on avait laissé le jeune Gestur et le bambin Olgeir le borgne (depuis qu’un corbeau lui avait mangé son œil) se sortir miraculeusement de l’avalanche qui avait englouti la ferme de Lási le menuisier, père adoptif de notre héros après la mort de sa mère et sa sœur sous une première avalanche et la disparition de son père Eilifur lors d’une pêche aux requins.
Nous sommes en 1906, le village est composé d’une église autour de laquelle peu de maisons de bois (les lambris signent ici l’aisance) et un peu plus d’habitations en tourbe (comme celle où vit Gestur)...
Simple émotion (La)
Né en 1921 sur le plateau d’Asagio qu’il ne cesse d’évoquer, l’Italien Mario Rigoni Stern s’est engagé dès 17 ans pour la Seconde Guerre mondiale. La traversée du conflit, son emprisonnement par les Allemands, son évasion ont nourrit son écriture attachante et humble qui professe que « sur le monde, nous sommes tous du même village » (Rencontre en Pologne). L’écrivain n’en a jamais eu fini...
Le Dernier des Egyptiens
Parti sur les traces de Champollion, chasseur de signes comme lui, Gérard Macé découvre que l’inventeur du secret des hiéroglyphes se faisait lire, durant l’hiver 1827, Le Dernier des Mohicans que Fenimore Cooper vient de faire paraître. Ému par sa découverte romanesque des Indiens, Champollion, fait état de cette lecture dans sa correspondance. À la croisée des chemins, entre la fiction de...
Un éditeur
Climats : la passion pour surmonter la tempête
Avec cent soixante titres à son catalogue (à raison de deux nouveautés chaque mois), Alain Martin garde le cap de sa maison d’édition malgré les tempêtes et les orages. Et se prépare tranquillement à fêter dix ans d’édition.
Celui qui a tout compris du sens de la vie, c’est le chat d’Alain Martin. Alors que ses maîtres pianotent sur leurs ordinateurs et répondent au téléphone, le chat, lui,...
Un livre
Le Nouveau Recueil N°43
Le Nouveau Recueil
A près une série perecienne de « Je n’ai pas connu » avec lesquels Jacques Borel joue de la phrase pour tendre le désir, après les poèmes de Claire Malroux et après la composition cruelle d’Isabelle Rossignol sur les pratiques sexuelles de l’homme et des insectes, le N°43 du trimestriel Nouveau Recueil ouvre son dossier intitulé Le Théâtre dans l’esprit. Valère Novarina, Jean-Loup Rivière,...
Médiatocs – chronique
Pare-chocs du moi
Écrite précipitamment dans l’absence de style, l’autobiographie de l’ancienne directrice du Monde des livres atteint à des abysses de pensée. Du moment que ça la soulage….
Elle était la directrice du Monde des livres jusqu’au jour (« un matin de janvier 2005 ») où on lui annonce qu’elle est démise de cette fonction pour redevenir une simple journaliste. Josyane Savigneau vit d’autant plus mal sa mise au placard (qui la vivrait bien ?) que celle-ci la renvoie à un complexe d’imposture qui l’habite depuis toujours et qu’elle va tenter de résoudre en écrivant ce Point de côté. On espérait une réflexion sur le métier de journaliste, une description des rouages de la critique parisienne ou au moins une véritable plongée dans les mécanismes intimes, inconscients...
Un âne, des mots
Claire Castillon a probablement un vrai talent d’écrivain. Mais ses lecteurs ont assurément beaucoup de patience. Son nouvel opus, indigeste en diable, impose une lecture éprouvante.
Cette rubrique, consacrée aux très médiatiques romanciers allait tranquillement vers la proclamation d’un axiome incontestable. Quelque chose comme : un best-seller se fabrique. Dès sa conception jusqu’à son écriture, un best-seller imite plutôt la pente douce (qu’on dévale sans y prendre garde) que la montée abrupte qui nécessite effort et courage. Les ingrédients du best-seller se trouvent...
“ Les mecs, on la perd ! “
Quels ingrédients faut-il pour faire un best-seller ? Une louche de clichés alignés par un style de collégien attardé et assez de cynisme pour prendre ses lecteurs pour des gogos.
Prenez une pincée de Paulo Coelho, le romancier philosophe pour ménopausés du cerveau, dont vous extrairez des préceptes profonds du genre : « accepte le destin qui est le tien et donne aux autres le meilleur de ton temps ». Cette morale à deux sous qu’adorent tous les apôtres de la domination (que les miséreux acceptent leur misère et ne viennent pas nous emmerder) nous est assénée par...
Courrier du lecteur – chronique
La preuve par huit
Publié il y a treize ans aux États-Unis, « Surfiction » est un essai réjouissant. Clair et incitatif, il donne les bases d’une réflexion en mouvement.
Constitué de huit textes vifs, Surfiction traverse une bonne partie de la littérature de création (« le roman expérimental ») des années 60 à aujourd’hui plus particulièrement aux U.S.A. Raymond Federman sait de quoi il parle, puisqu’il fut un des premiers de sa génération avec Quitte ou double (1971) à révolutionner le roman (dans la lignée de Cervantès, Sterne ou Joyce). Le bonhomme n’hésite d’ailleurs pas à se citer lui-même…
Le texte inaugural est un « manifeste postmoderne » : écrit en 1973, ce texte programmatique n’a pas pris une ride, si ce n’est, peut-être, dans l’utopique part...



