RUBRIQUE L'Anachronique
Les articles
In the Pilat
Dans la demeure n’est accroché qu’un seul tableau, mais sans cesse changeant. La vaste fenêtre, percée dans un mur épais, donne sur deux monts voluptueux. Un hameau rose pâle, dans l’échancrure, figure une faveur au soutien-gorge. Devant s’étend un kilomètre de plateau où ondule le blé en herbe, un ventre en chlorophylle. Puis ce sont quelques arbres, des buissons, ceux-là à portée de main… Chambre avec vue sur la géante, depuis le pubis.
On ignore la tête qu’elle a, au-delà du Pilat. Des ciels également démesurés témoignent de son humeur, tantôt cotonneuse, ouatée jusqu’aux...
Une amie lointaine
Le déclin de l’été rompt l’accord passé avec une bande de chats. Les portes et les fenêtres sont désormais fermées. Au petit jour, dans le froid qui pinçouille tiens, celui-là, on l’avait oublié ils arrivent du Nord, du Sud, leur queue dressée en point d’interrogation, miaulent en clouant à grands coups le reproche dans l’âme, depuis les granges où ils ont trouvé asile.
Ils répondent à...
La lettre à Juliette
Juliette, de Paris, me dit :
C’est fatigant, tes chroniques à propos du Médoc. Trouve autre chose, à la fin.
Dominique, de Courbevoie, quant à lui :
J’aime bien, cela fait une fenêtre ouverte au milieu des livres.
Qui convient-il de remercier ? Juliette pour sa franchise, ou Dominique de sa bienveillance ? Glissons plutôt le bras sous celui de Dominique. Satisfaire le mécontent, chère...
Comme à l’apéro
De mémoire d’ancêtre, le « Café de l’Harmonie » ( autrefois « Municipale » ) a toujours été tenu par des femmes. Une vieille carte postale de Vendays, Gironde, montre déjà sous l’enseigne deux Médoquines en cheveux et jupes superposées. Les carrioles ont saupoudré de blanc la rue devant. Un frêle scion, à proximité de la poste, marque l’emplacement actuel d’un grand chêne sessile.
Un...
Air de Paris
Comme en rêve nocturne, j’habitais maintenant le Quartier Latin, près du Carrefour Buci. J’avais sauté d’arbre en arbre, depuis le Médoc, pour atterrir à l’Hôtel Les Marronniers.
Je glissai le long du fût
et me postai dans la rue
à côté d’un horodateur
pour avoir toujours l’heure.
Alors quoi ! Mon sac reposait là-haut, dans une chambre avec salle de bains, ce qui me donnait le droit...
