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Domaine étranger Belfast, année zéro

juin 1996 | Le Matricule des Anges n°16 | par Christophe David

Belfast, l’omniprésente menace de mort qui semble y régner, le volume d’armes qui semble y circuler constitue un décor particulièrement adapté au roman noir. En y situant l’action de son roman, Le Trépasseur, Eoin McNamee joue de la noirceur propre à Belfast tout comme Léo Malet jouait de celle du Paris de la fin de la guerre. Victor Kelly, petite frappe protestante qui se sent obligé de faire preuve de plus de zèle que ses camarades à cause de la connotation catholique de son nom, tourne autour d’une organisation paramilitaire. Les « services » qu’il rend n’ont rien d’héroïque : on l’utilise pour exploser les rotules de ceux qui trahissent l’organisation. Avec l’aide de ses complices, il les couche, face au sol dans un entrepôt désert et leur tire une balle à l’arrière du genou… Sans conviction politique, seulement animé d’une haine primaire des catholiques, il n’a jamais été qu’un assassin. Se prenant pour James Cagney, rêvant de Dillinger, il veut seulement se faire un nom. Pour entrer dans la légende il choisira le pseudonyme de Resurrection Man, en référence aux pourvoyeurs de cadavres d’antan qui ne reculaient pas devant le meurtre pour satisfaire la faculté de médecine d’Edimbourg. « Ils étouffaient les ivrognes et les vieux avec des oreillers ». Ultra-violent, carrément « gore » par moments -« Le corps avait été retrouvé sur Berlin Street. Il portait cent vingt-quatre blessures par couteau, des blessures précises et mesurées. La mort était due à une strangulation lente »-, ce roman multiplie les parenthèses dans lesquelles la vie continue, un quotidien qui même s’il est étouffant contribue à aérer le récit. Mais s’il est un roman sur la violence, sur le nihilisme, Le Trépasseur est aussi, curieusement, un roman sur le langage, le langage de la violence et celui de la douleur.

Le Trépasseur
Eoin McNamee

Gallimard, La Noire
Traduit de l’anglais par Freddy Michalski
328 pages, 120 FF

Belfast, année zéro Par Christophe David
Le Matricule des Anges n°16 , juin 1996.