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Domaine étranger Un prophète de l’enfer

juin 1996 | Le Matricule des Anges n°16 | par Christophe David

Les Chiens de la nuit

C’est la lecture du Voyage au bout de la nuit, à 16 ans, qui a donné à Enrique Medina l’envie d’écrire. « Le ressentiment de Céline, sa férocité et son impudeur ont produit la littérature la plus révolutionnaire de ce siècle ». Aujourd’hui, Medina, né en 1937 à Buenos Aires, est journaliste au quotidien argentin Página doce. Son œuvre, en grande partie inédite en français à l’exception de deux traductions : La Vengeance (L’Harmattan, 1992) et Les Tombes (L’Atalante, 1995), est une tentative pour exorciser ce qu’il appelle « les grimaces de la peur » : « Buenos Aires est une ville où l’on sent le besoin de s’enfuir. Les gens y circulent en grimaçant, pour se relaxer, par désespoir ou simulacre ». C’est pour combattre cette peur que Medina est entré en littérature dans les années 70 avec des livres pleins de sexe et d’horreur comme Las Hienas (1975), Strip-tease (1976) et Les Chiens de la nuit (1978) que publie aujourd’hui l’Atalante.
Les Chiens de la nuit, c’est l’histoire de Mercedes (15 ans) et de son frère, Mingo (18 ans). La mort de leur mère les livre à eux-mêmes dans leur bidonville de Buenos Aires. Mercedes est moche, empotée mais elle est « brave, très gentille » ce qui, pour Mingo, signifie : « bonasse, gourde ». Aussi laid qu’elle, « feignant de naissance et voyou par vocation », il se lance dans le vol à l’arraché, met sa sœur sur le trottoir (après l’avoir violée, histoire d’user de son privilège de frère) et commence ainsi sa résistible ascension.
Si elle est agressive, la littérature de Medina ne se veut pas militante, bien intentionnée. Pour lui, « personne ne peut se considérer comme politiquement innocent. Les cafards, on ne les double pas. On peut tout juste essayer de les rattraper ». Ce qu’il dit de Bukowski, « profeta del infierno » dans son essai Colisiones (1984), vaut pour sa propre littérature : « Il nous mène par la main sans rien exiger de nous, sans nous faire de propositions. Bienvenue à qui veut le suivre ».

Les Chiens de la nuit
Enrique Medina

L’Atalante
Traduit de l’espagnol par
Claudine Carbon
190 pages, 66 FF

Un prophète de l’enfer Par Christophe David
Le Matricule des Anges n°16 , juin 1996.