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Poésie Que vivre sinon l’amour ?

novembre 1997 | Le Matricule des Anges n°21 | par Thierry Guichard

Rien que l’amour : poésie complète

Né en 1911 dans la Moselle, Lucien Becker eut très tôt la conviction qu’il serait un« homme dont le nom n’est sur aucune lèvre ( et qui) va devenir un simple trait sur l’horizon. » Hanté par l’idée de la mort et convaincu de l’insignifiance de tout ce qui la précède, il ne trahira son nihilisme que pour deux passions : l’écriture et l’amour. Mort, amour, poésie : voilà la sainte trinité d’un homme qui se mit à écrire « comme on trébuche dans son ombre », selon la formule de Guy Goffette qui a établi l’édition de ces poésies complètes*. Sous le poids d’une implacable incrédulité quant au destin et à la condition de chacun, le poète illumine ses pages du regard d’une femme, de son sexe, fenêtres vivantes d’un monde intérieur et blessé sur un monde extérieur et factice.
Guy Goffette propose là un ouvrage de fonds, regroupant après une préface où il entre beaucoup de fraternité, la quasi totalité des poèmes de Becker. On y retrouve aussi des entretiens qu’il accorda (il disparaît en 1984, 20 ans après sa dernière publication), ainsi qu’une correspondance signée Bousquet, Breton, Char, Dietrich, Paulhan, etc. Rien que l’amour dresse la figure émouvante d’un homme endeuillé de sa propre vie (« je suis sur terre, sans être au monde » confie-t-il à Gaston Puel), finalement peu dupe de ses propres espoirs : « Tu sens que l’amour était encore de la solitude ». Sa poésie d’une implacable simplicité lorsqu’il s’agit de remettre les hommes à leur place : « Chacun d’eux avec sa poignée de terre dans la bouche/ s’étonne d’être encore plus seul qu’au temps où il vivait. », ne rompt pas toujours avec la quincaillerie lyrique du surréalisme. Cependant, l’ouvrage peut rejoindre dans les bibliothèques ces livres vers lesquels on revient sans cesse, pour la fraternité qu’ils entretiennent.
* En même temps les éditions La Dérobée publient Le Désir n’a pas de légende. Recueil publié en 1950, que l’on trouve dans les poésies complètes, mais sans les deux dessins de Jean-Claude Pirotte et la belle présentation mise au service du texte (22 pages, 100 FF).
Rien que l’amourPoésies complètesLucien Becker
La Table Ronde432 pages, 150,00 FF

Que vivre sinon l’amour ? Par Thierry Guichard
Le Matricule des Anges n°21 , novembre 1997.
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