La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
BP 20225, 34004 Montpellier cedex 1
tel 04 67 92 29 33 / fax 09 55 23 29 39
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Domaine français Inconduite intérieure

janvier 1998 | Le Matricule des Anges n°22 | par Dominique Aussenac

Les Sables mouvants

Dad, daddy, quinquagénaire au ventre plat est un notable bordelais satisfait. Sa femme mitonne de bons petits plats, ses enfants poursuivent de brillantes études, sa pharmacie a pignon sur rue et le moteur de sa superbe limousine n’émet qu’un ronronnement feutré. Mais la mort de son meilleur ami dans un accident de la circulation interrompt cette existence bourgeoise. Le passé occulté reflue : la maison de la grand-mère aujourd’hui en ruines, les rêves brisés d’adolescent, les amis à la dérive. Dad recrée le désordre et entame sa descente aux enfers.
L’exaltation de la modernité, du clinquant, du futile (design, automobiles, langage, anglicismes), la manière avec laquelle Dad tourne en rond, dans la pharmacie, dans sa vie, dans ses souvenirs, l’utilisation de la limousine, à la fois instrument de parade confortable et de sauvagerie, de mort (la voiture délaissée, la descente aux enfers se pratique à pieds, le corps hésite, titube, chute) n’est pas sans rappeler L’Œuf de Félicien Marceau et bien entendu les techniques du Nouveau Roman. Mais il y a chez Forton plus d’humanité, de recul, peut-être parce que l’angoisse devant la vie, devant la mort est immense, le héros d’autant plus lucide dans la deuxième partie qu’il se sent perdu, s’analyse, ses commentaires sont sensibles, désespérés, hurlants de vérité.
Jean Forton, libraire à Bordeaux, fondateur de la revue La Boîte à clous, est mort en 1982, à l’âge de cinquante-deux ans. Poulain de l’écurie Gallimard, chez qui il publia de 54 à 59 une demi-douzaine d’ouvrages, il frôla les prix littéraires avec Le Grand Mal (1959) et L’Epingle du jeu (1963). Les Sables mouvants (1966) éreintés par la critique, fut son dernier ouvrage. L’industrie du livre a horreur du noir.

Les Sables mouvants
Jean Forton

Le Dilettante
230 pages,99 FF

Inconduite intérieure Par Dominique Aussenac
Le Matricule des Anges n°22 , janvier 1998.
LMDA PDF n°22
4,00