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Histoire littéraire Les cachotteries de Cendrars

janvier 1998 | Le Matricule des Anges n°22 | par Éric Dussert

Les Carottes au Plaza

L’œuvre de Cendrars recèle encore des mystères. En 1996, on découvrait un livre fantôme, La Légende de Novgorode (Fata Morgana) dont les spécialistes se demandaient s’il ne s’agissait pas d’une grosse mystification du bourlingueur. Aujourd’hui, c’est un secret intime qui nous est révélé, une cachotterie, sa relation avec une jeune femme qu’il a croisée à Paris en 1938. Il la surnomme « Madame mon copain » et la présente dans L’Homme foudroyé sous les traits de « mademoiselle de la Panne ». « J’adore les femmes qui boivent, écrit-il, et mademoiselle de la Panne buvait sec. C’est pourquoi je la traitais en copain. »
Elle a 27 ans, se nomme Elisabeth Prévost et dispose d’un beau tempérament d’aventurière. En 1938, elle élève des chevaux dans les Ardennes après avoir parcouru l’Afrique à bord d’une vieille Ford et pratiqué la chasse au Tchad et en Russie. A cette époque Blaise Cendrars court la pige et « collectionne les exploits d’huissiers ». Pour leur échapper, il répond à l’invitation qu’elle lui fait de visiter son installation. En secret, il se réfugie chez elle pendant près d’une « année et demie de mystère, entouré de hauts sapins mélancoliques et de grands hêtres roux et rouges en automne, non loin d’une rivière où sautaient des truites ».
Il resterait peu de choses de cette relation si Elisabeth Prévost n’avait retrouvé ses archives avant de disparaître en 1996, et notamment trente-et-une lettres inédites d’un Cendrars sous le charme de Diane chasseresse. Goûtant la sérénité, il ne se débarrasse pas pour autant de la bougeotte. Très vite, il fomente des projets de circumnavigation (échec) ou de film équestre (nouvel échec). Edités par Monique Chefdor dans un dossier intitulé Madame mon copain, ces documents sont accompagnés de deux récits d’Elisabeth Prévost, Les Carottes au Plaza, qui brillent moins par leurs qualités littéraires que par l’aperçu d’une existence rebondissante. On devine ce qui a attiré l’homme à la main coupée : cette femme n’a jamais manqué de ressources. Sous ses traits, c’est l’un de ses personnages que Blaise Cendrars a rencontré.

Madame Mon copain
Elisabeth Prévost/Blaise Cendrars
Les Carottes au Plaza
Elisabeth Prévost

Joca Seria
(72, rue de la Bourdonnais 44100 Nantes)
159 et 64 pages, 135 et 65 FF

Les cachotteries de Cendrars Par Éric Dussert
Le Matricule des Anges n°22 , janvier 1998.