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Dossier Jean-Pierre Abraham
Abraham, la ligne d’horizon

juin 1998 | Le Matricule des Anges n°23 | par Philippe Savary

Homme de mer, il a mené sa vie au gré des courants, loin des rivages éditoriaux, naviguant selon ses élans avec la rigueur d’un moine et l’attention d’un météorologue. Guetter devient un art de vivre. Chaque escale est la promesse lointaine d’un livre. L’appel du grand large lancé d’une voix fluide, blanche et scintillante.

Le ciel surveille d’un œil bienveillant les minuscules embarcations qui mouillent là, tranquilles, bercées par un clapotis printanier. Aujourd’hui, peu de monde matinal. Douarnenez se repose dans sa baie pendant que la voix de Brassens tente de s’échapper d’un bistrot. Sur la côte, les prochaines nuits seront longues. On installe le nécessaire. Qui sera le Roi du carnaval cette année, caricature en papier mâché ? Un adjoint au maire, un gendarme ? Jean-Pierre Abraham habite près du port, l’ancien quartier des pêcheurs, au temps où la ville faisait son beurre avec les sardines. Si les horizons se rétrécissent, Douarnenez la fière n’oublie pas ses belles aventures. Accrochée sur le fronton d’une maison, une plaque rappelle que c’est là où vécut Jean-Marie Le Bris, pionnier de l’aviation. En 1856, il devenait le premier homme à s’élever dans les airs. Il faut donc gravir un escalier, s’enfoncer au hasard dans la venelle des Hirondelles sans craindre une embuscade, déboucher dans une rue. Ici, à leur façon, les habitations ont pris la couleur de l’azur : volets, portes, crépis.
Jean-Pierre Abraham a élu domicile au dernier étage, dans un deux-pièces. Vue sur les toits et le clocher. Il n’aime guère cette ville, « trop noire, frondeuse, presque violente », à l’image de ses goélands, au cri rageur, que l’écrivain rêve de faire taire en leur lançant quelques grenailles. Les gens, paraît-il, ont la gaieté du désespoir, un goût pour l’échec. Sobriété, proche du dénuement : dans la cuisine qui fait office de salle de séjour, un réchaud, un frigo, une table, un canapé. Le nécessaire. Privé de rien ? Il y a des chances. Abraham a passé sa vie à camper, dans d’insolites ermitages, laissant au temps l’incrédule destin de façonner et de ponctuer ses livres. Cinq au total, en quarante ans d’écriture : Le Vent (1956), Armen (1967), Le Guet (1985), Compère qu’as-tu vu ? (1993), Fort-Cigogne (1995), auxquels il faut ajouter un livre pour enfants Coquecigrue, où es-tu ? (1997) et un opuscule la même année sur le cap Sizun, commande du conservatoire du littoral. Singulière trajectoire. Une misère ? Plutôt une chance, pour ses lecteurs. Ces livres, c’est la promesse d’un éblouisssement, d’une rencontre avec un ailleurs, minéral et sans âge, des lointains amarrés le plus souvent à sa Bretagne maritime. Une collection d’instants volés, d’éclats furtifs, de minuscules scintillements où le monde apparaît dans sa plus stricte intimité. Des moments plutôt que des lieux : « On ne saurait en garder les marques », écrit-il, en évoquant, là, certains jeux de brise lors de la marée. Une autre façon de dire que l’objet de son écriture ne tolère ni la répétition, ni la fabrication. Attentif aux choses, se fiant davantage au hasard qu’aux certitudes, Abraham navigue en aveugle dans le sillage de présences ancestrales. Vigie de sa propre vie, il en mesure perpétuellement la latitude et la longitude, « comme s’il attendait de chaque instant qu’il lui apporte quelque...

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