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Domaine français Dannemark en 2 saisons

septembre 1998 | Le Matricule des Anges n°24 | par Christophe Fourvel

Deux courts récits écrits par Francis Dannemark, des instants de vie dans lesquels s’égarent des personnages parvenus au bout d’un cycle.

La Grève des Archéologues

Si le héros de Qu’il pleuve se frotte à la chaleur étouffante d’un été, Françoise cultive tout au long de La Grève des archéologues ses doutes dans le froid vif de l’hiver vénitien. Le fond des êtres se révèle souvent dans les conditions extrêmes et ces données climatiques doivent être mentionnées avec sérieux ; elles rappellent certaines expériences scientifiques pour lesquelles la maîtrise de la température est un élément indispensable à la lisibilité des résultats. On trouve en effet dans le procédé romanesque de l’auteur, une rigueur laborantine : un cadre limité, des variations infimes, un sens de l’observation poussé.
Qui sont ces personnages malmenés par le temps ? Des êtres aux prises avec un recommencement possible, un bout de vie mal fichu. Ils ont l’âge d’avoir des amours derrière eux et encore des projets. Ils sont individualistes, plutôt seuls. Leurs incertitudes adolescentes traînées presque telles quelles jusqu’à la quarantaine, ont fini par lester leur démarche.
Les deux livres s’ouvrent chacun sur une proposition nouvelle. Dans Qu’il pleuve, un écrivain dont la notoriété n’a jamais dépassé celle d’un cercle de quelques centaines de lecteurs se voit offrir une grosse somme d’argent par une femme qui voudrait acquérir son dernier manuscrit, comme on achète un tableau, « pour elle seule », en le dérobant à la connaissance du monde. Dans La Grève des archéologues, Françoise, partie avec Ludovic à Venise à l’orée d’une relation sentimentale, s’épuise dans ses doutes, son manque de désir. Elle vient de quitter un mari qu’elle n’aimait plus pour un amant qu’elle adore et voilà que les paysages à venir s’embrument ; mélancolie d’une femme vouée à un recommencement tardif, à une deuxième vie pour laquelle elle n’est plus du tout sûre d’avoir l’appétit suffisant.
Ces deux romans peuvent être lus comme deux précis de l’égarement ; deux livres sur la foi non pas perdue mais qui s’absente. Ils sont constitués de brefs chapitres, recensent une poignet de tons, de personnages, de situations. Récits minimaux et non pas minimalistes, ils ont d’ailleurs parfois le défaut de se prendre pour des romans à rebondissements alors que nous savions depuis le début que le principal n’était pas tant dans les fils de l’histoire, (ce que fera l’écrivain avec son manuscrit, Françoise avec Ludovic), mais dans les creux, les immobilités, le rapport au temps et à l’ennui. Au bout du compte, on peut de loin préférer Qu’il pleuve, tant l’amoureuse à Venise ressemble parfois à un cliché que trop de doigts ont manipulé. Les deux livres pourtant vont bien ensemble, harmonieux dans leur fond comme d’ailleurs dans leur aspect extérieur, jolis petits objets bleus et gris ornés d’une photographie.
L’auteur, âgé d’un peu plus de quarante ans, a déjà publié une vingtaine d’ouvrages dont la moitié de poèmes (les plus récents aux éditions Cadex). Parmi ses romans, citons entre autres : Choses qu’on dit la nuit entre deux villes et La Longue Promenade avec un cheval mort, tout deux parus aux éditions Robert Laffont. Il vit actuellement à Bruxelles.

Francis Dannemark
Qu’il pleuve
et
La Grève des archéologues
Le Castor Astral
112 pages, 78 FF chacun

Dannemark en 2 saisons Par Christophe Fourvel
Le Matricule des Anges n°24 , septembre 1998.
LMDA PDF n°24
4.00 €