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Histoire littéraire Montaigne en voyage

janvier 1999 | Le Matricule des Anges n°25 | par Christian Molinier

Après l’adaptation en français moderne des Essais de Montaigne, le même éditeur nous livre le Journal de voyage dans une version, due à Claude Pinganaud, qui conserve la saveur de l’original tout en facilitant la lecture.
En 1580, Michel de Montaigne, qui venait de voir paraître les deux premiers livres des Essais, décida d’entreprendre un voyage en Italie en passant par la Suisse et l’Allemagne.
Le préfacier suggère qu’il quittait sa célèbre tour pour fuir « les tracasseries d’un séjour encombré de ses trois femmes - sa mère, sa femme et sa fille ». On peut imaginer aussi une raison politique ou, tout bonnement, qu’il voulait essayer l’effet des sources thermales sur la maladie de la pierre dont il souffrait. Ce qui est certain, c’est qu’il partit, but beaucoup d’eau et rentra chez lui au bout de « dix-sept mois huit jours ».
Presque deux siècles plus tard, en 1770, un érudit découvrit par hasard au château de Montaigne le manuscrit du Journal sous la forme d’un gros cahier auquel manquaient les deux premières pages. La première édition parut en 1774 et bien d’autres ont suivi.
Il ne s’agit ni d’un journal intime, ni d’une description détaillée de la vie quotidienne, mais plutôt d’une sorte d’aide-mémoire assez sec dont l’objet semble être de dénombrer les coliques de l’auteur et de noter l’effet de telle eau sur l’expulsion de ses calculs rénaux. Aux bains della Villa, il remarque que « c’est une sotte coutume que de compter sa pisse ». Pourtant, notre voyageur s’élève rarement au-dessus de l’intérêt hypocondriaque qu’il porte à son corps. Ici et là, le journal s’enrichit de quelques considérations sur les villes et les paysages, mais Montaigne ne se détourne jamais longtemps de son souci principal : relever le nombre de bains qu’il prend, mesurer la quantité d’eau qu’il ingère et noter si ce qu’il rejette par les voies naturelles contient des pierres ou du sable.
Tout en louant la qualité du travail d’édition, il faut bien avouer que l’obsession portée par Montaigne à ses organes, même s’il s’agit des organes d’un grand homme, finit par rendre le Journal assez lassant.

Journal de voyage
Michel de Montaigne

Arléa
250 pages, 135 FF

Montaigne en voyage Par Christian Molinier
Le Matricule des Anges n°25 , janvier 1999.