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Domaine français Retour aux corps

janvier 2000 | Le Matricule des Anges n°29 | par Benoît Broyart

La Salive de l’éléphant

Après la réédition d’une grande partie de l’œuvre de Charles Duits au Bois d’Orion (voir Lmda N°8 et 11), deux romans publiés dans les années 70 par Éric Losfeld viennent compléter la nécessaire sortie de l’ombre d’un auteur mort en 1991 dans une relative indifférence.
Expérience du peyotl (cactus aux vertus hallucinogènes), goût pour l’égarement, le voyant qu’était Charles Duits pousse ici le lecteur à devenir voyeur. La Salive de l’éléphant et Les Miférables sont en effet des textes pornographiques, revendiqués par un même narrateur, l’emblématique Lucifer Ilje. Entre deux coïts, à la manière du Sade de La Philosophie dans le boudoir, Lucifer Ilje ponctue son propos d’apartés sur l’écriture et l’art moderne, dévoilant peu à peu un projet subversif qui va au-delà de la mise en scène sexuelle : « Un homme qui pense est un homme fasciné. Toute son attention est prise par le mouvement de son intellect, c’est-à-dire finalement par des combinaisons verbales. Il vit dans l’avenir et dans le passé, c’est-à-dire dans l’imaginaire. Alors un écrivain qui exerce une influence, il incite ses lecteurs à vivre de plus en plus dans l’imaginaire. Je veux faire exactement le contraire. »
Pour Charles Duits, l’expression pornographique apparaît comme un lieu de liberté idéal, un déchaînement concret face à l’imaginaire : « Moi, je veux atteindre les gens, agir vraiment sur eux… J’en suis venu à penser que la pornographie est le seul genre littéraire encore vivant, le seul qui offre à un auteur l’occasion de nouer une relation authentique avec son lecteur. »
Mêlant sexe et révolte, ces deux romans permettent de continuer à découvrir une grande œuvre.

La Salive de l’éléphant suivi de
Les Miférables
Charles Duits

Éditions Blanche /Joëlle Losfeld
288 pages, 129 FF

Retour aux corps Par Benoît Broyart
Le Matricule des Anges n°29 , janvier 2000.