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Événement & Grand Fonds La lutte vitale

janvier 2000 | Le Matricule des Anges n°29 | par Dominique Aussenac

Deux ouvrages de John Berger, brûlants de feu et de froid pour clamer que la vie est un combat. Quand les mots aident à rester debout.

King (roman de rue)

Dans L’Œuf du serpent, film du cinéaste Ingmar Bergman, la foule descend les marches d’une bouche de métro, en un ralenti obsédant, effrayant comme un troupeau vers l’abattoir. Pour John Berger les êtres même en masse restent humains. « Une foule dans laquelle tout ce qui reste du passé se précipite, cherche, triche, réussit, espère, attend, désespère du futur » (Photocopies, l’Olivier).
Né en 1926, à Londres, John Berger a huit ans de moins que Bergman. Tout deux vénèrent les images, l’esthétique (Berger qui fut peintre, a écrit maints ouvrages sur l’art et la photographie). Mais si les deux hommes dans leurs œuvres traitent ou traquent les apparences, pour dire ou s’inquiéter de ce mystère d’être au monde, leurs relations à l’humain sont totalement divergentes. Le Suédois, froid, métaphysique vient d’avouer avec quelque courage sa fascination adolescente pour le nazisme. L’Anglais, autodidacte, a quitté l’école à seize ans, sympathisant trotskiste après guerre, il fait de la relation humaine son moteur d’écriture, son combat.
Lauréat du Booker Prize en 1972 pour G, roman (La Découverte, 1978), il accusa le mécène du prix d’exploiter les peuples caraïbes et donna la moitié de l’argent reçu au mouvement des Black Panthers, destina l’autre moitié à une enquête sur les travailleurs émigrés en Europe (Le Septième Homme, Maspéro, 1976, épuisé).
Auteur d’une vingtaine d’ouvrages, notamment d’une trilogie Dans leur travail où il décrit les hommes de montagne, les Savoyards avec lesquels il partage sa vie, le labeur depuis une trentaine d’années, Berger nous offre deux livres fort différents, bien que finalement complémentaires.
Le premier, King, roman non signé donne l’impression d’être écrit par un collectif, de représenter le travail d’un atelier d’écriture. Le monde de la rue, des sans-abri, d’un campement d’infortune où survivent Vico et Vica y est décrit par un chien. Fiction poignante à la narration morcelée où visions panoramiques au ras des mollets, univers de bric et de broc (entre inventaire à la Prévert et critique marxiste de l’accumulation tertiaire), poésie, silences, souvenirs, réflexions s’entremêlent. Berger montre la misère, la dégradation des corps dans le dénuement, tout en conservant une dignité aux êtres par le rappel récurrent de qui ils ont été, ainsi qu’en soulignant leurs actes de paroles, d’amour et de révolte. « Le temps passe, continue-t-il, et neuf fois sur dix le temps qui passe ne fait qu’empirer les choses. Ce n’est pas vrai pour les civilisations, ou le savoir, mais c’est indéniable pour tout corps qui est seul… Si le temps cicatrise les blessures, il les cicatrise en étirant la douleur, en la rallongeant. Il n’y a aucun retour, et chaque jour, avec le temps qui passe, le chemin du retour devient plus long. C’est ce à quoi je pense, le matin, quand je sors de la Hutte pour pisser. »
Le second, Photocopies, est un recueil de réflexions sur la vision, le regard, en même temps qu’une...

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