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Jeunesse Serial lecteurs

avril 2001 | Le Matricule des Anges n°34 | par Ulysse Gaillard

Salamandastron (4 tomes)

Pour fidéliser les jeunes consommateurs de livres, leur donner à lire des séries. Mais peut-on faire des jeunes consommateurs, de vrais lecteurs ?
L’exemple qui fait rêver les gestionnaires des maisons d’édition s’appelle Chair de poule. Soit une collection de livres mal écrits, mal traduits qui appliquent 100% de recettes de marketing (jusqu’à des procédés narratifs malhonnêtes qui laissent croire à l’enfant qu’à la prochaine page quelque chose d’incroyable va arriver) et qui sont light, très light en littérature (0% d’écriture, 0% d’imagination). Le packaging, le marchandising (pour employer les mots à la mode chez les commerciaux) font les ventes et embarrassent les libraires qui voient que ce sont les seuls livres que les enfants achètent d’eux-mêmes. Publiés chez Bayard, les ouvrages de la série ont donné naissance à d’autres ersatz de livres pour la jeunesse.
Il y a peu, Albin Michel lançait le Furet, sur le modèle du Poulpe. Soit un héros et quelques personnages récurrents, qui mènent à chaque épisode une aventure dans une région précise du globe (plus souvent de l’Hexagone). Le personnage du Furet reste le même, avec quelques caractéristiques immuables, mais les auteurs tournent. Comme ces derniers sont vraiment des écrivains, il arrive qu’on trouve dans les aventures du Furet matière à ne pas désespérer.
Aujourd’hui les éditions Mango lancent Rougemuraille. Un magazine tiré à 75 000 exemplaires vendu 15 francs pour son premier numéro (29 FF ensuite) et sous-titré « le premier magazine fantastique et médiéval des 6-12 ans », un « dossier de l’enseignant » qui « permet une exploitation (voilà un terme révélateur) pédagogique riche et complète d’ouvrages de littérature jeunesse » : Cluny-le-Fléau, collection Rougemuraille". Le tout vise donc à accompagner une collection qui, nous dit l’éditeur, aurait touché (coulé ?) vingt millions de lecteurs dans le monde. Écrite par l’Anglais Brian Jacques (décidément les Jacques sont doués pour le commerce des livres), cette saga met en scène des animaux dans un Moyen Âge peu historique. Leur lieu de vie est l’abbaye de Rougemuraille qu’ils défendent des invasions barbares (et nous qui pensions que c’était les chrétiens qui à l’époque partaient en croisades).
Inspirée des romans d’heroic fantasy (super héros, super pouvoirs, super morale), la série a au moins une qualité : par son unité, elle crée un univers onirique où le lecteur va évoluer. Une carte des lieux ouvre ainsi la tétralogie Salamandastron dont les quatre tomes sont les derniers parus de la collection. Si l’écriture n’y atteint pas des sommets, on notera toutefois un réel désir de faire vivre des personnages (et non des stéréotypes comme dans Chair de poule). Deux niveaux de langage marquent la frontière sociale entre les nobles (qui causent bien) et le peuple qui mange ses mots (mais peut-être n’a-t-il que ça à manger).
Ça se lit bien, gentiment, mais les enfants s’éveilleront plus avec un jeu de rôle même vidéo…
Dans le premier dossier de l’enseignant, l’éditeur évoque Le Seigneur des anneaux de Tolkien comme référence à Rougemuraille. Peut-être conviendrait-il mieux alors de faire lire la référence aux enfants. Faisons leur confiance : se perdre dans la lecture est plus enrichissant que reconnaître, à chaque page, un univers prédigéré.

salamandastron
(4 tomes)

brian jacques
Traduit de l’anglais
par Jacqueline Odin
Mango jeunesse
186 pages, 30 FF

Serial lecteurs Par Ulysse Gaillard
Le Matricule des Anges n°34 , avril 2001.