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Domaine étranger En attendant Bodor

septembre 2001 | Le Matricule des Anges n°36 | par Eric Naulleau

La Visite de l’archevêque

Bienvenue à Bogdanski Dolina, bizarre localité des Carpathes -son monument au Voyageur inconnu, son quartier d’isolement où se trouvent parqués « malades et autres individus indésirables », son service d’ordre ecclésiastique, ses lynxs errants et son fleuve dont les eaux perdent parfois le fil et le nord : « La Medvegyica formait ici la frontière ; une nuit, après une pluie torrentielle, elle avait rompu ses digues sans tambour ni trompette. Depuis, elle ne contournait plus la ville par le nord, mais par le sud. (…) Durant les quelques heures de la nuit noire d’encre pendant lesquelles les habitants avaient pour ainsi dire dormi, Bogdanski Dolina était tout simplement passée sur l’autre rive. Dans un autre pays. » Voilà qui n’est pas sans rappeler le propre destin danubien d’Ádám Bodor qui parvint à fuir les geôles roumaines de Ceaucescu pour trouver refuge en Hongrie. Rien de plus facile en réalité que de résumer la foisonnante intrigue du présent récit : tandis que la ville attend comme toujours en vain l’arrivée de l’archevêque, Gabriel Ventuza reçoit mission de récupérer la dépouille de son père avant que l’archimandrite du coin ne vide le cimetière de tous ses occupants arméniens.
L’essentiel tient cependant à la saisissante atmosphère de cauchemar éveillé qui baigne l’ensemble du livre, oblique allégorie du totalitarisme et exceptionnelle réussite littéraire. Dès la première page, le lecteur passe de l’autre côté du miroir (déformant), obtient l’asile poétique dans un pays cruel et merveilleux dont les habitants paraissent aussi étranges que des figures de carnaval et aussi familiers que des voisins de palier.
L’éternel report de la visite épiscopale fait bien entendu songer à Buzzati, plus encore à Beckett. Mais à vrai dire, on ne connaît guère que Kafka pour nager avec tant d’aisance dans l’insolite.

La Visite de l’archevêque
ÁdÁm Bodor
Traduit du hongrois
par Jean-Michel Kalmbach
Robert Laffont
144 pages, 109 FF (16,62 )

En attendant Bodor Par Eric Naulleau
Le Matricule des Anges n°36 , septembre 2001.
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