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Poésie Da A à Zukofsky

septembre 2001 | Le Matricule des Anges n°36 | par Pierre Hild

Pour certains, dont Jacques Roubaud, Louis Zukofsky serait le poète américain majeur du XXe siècle. « A », son oeuvre phare, fut une sorte de work in progress qu’il mena de 1928 à 1974 : un long poème épique de vingt-quatre parties et huit cents pages. Serge Gavronsky et François Dominique ont entrepris la traduction de ce monument dont ils livrent, aujourd’hui, le deuxième tome couvrant les sections 8 à 11. Voici donc, partiel, « le poème le plus hermétique jamais écrit en anglais » pour le critique Hugh Kenner.
Sorte d’oeuvre totale hypertextuelle, « A » cadre singulièrement avec le projet poétique que Zukofsky définissait dans son « programme objectiviste » datant des années trente, à savoir, mêler « inextricablement l’orientation des singularités historiques et contemporaines ». Ici, l’Histoire -la Seconde Guerre, une réunion du congrès des american workers…- s’entremêle à l’histoire du quotidien en une entreprise où le panoptique s’exprime en unités de langues comme précipitées. Dire « 1901 : Henry Adams./ Actif vibrant, il agit presque toujours sans y penser, réagit/ Rapidement à la force », appelle, proche, « L’un des gosses reçoit le bréchet/ et les quat’autres chacune une aile,/ C’est la maman qui fait le service/ Peter a le gésier et la cuisse ».
Comme le rappelle Serge Gavronsky, Zukofsky a voulu faire une « canzone sur l’économique » qui donne cette impression de passer des bras de Cavalcanti à ceux de Karl Marx, première référence de la longue section huit. Marx, puis l’amour, puis la guerre, et tout cela se combinant et se concentrant par strates de textes. Qui parle ? peut-on souvent se demander. Espèce de copier/coller novateur « A » est la métamorphose constante d’une partition qui fait appel, d’une part, aux registres complexes de niveaux de langues différents, d’autre part à un déroutant jeu graphique.
« We do not apply names rightly to things » disait Zukofsky. « A », texte souvent insaisissable, est pour autant, de toute évidence, une tentative constante de faire converger vers cet « objectif » recherché la poésie.

« A » (sections 8 à 11)
Louis Zukofsky
Traduit de l’américain par Serge Gavronsky et François Dominique
Ulysse fin de siècle
122 pages, 120 FF (18,32 euros)

Da A à Zukofsky Par Pierre Hild
Le Matricule des Anges n°36 , septembre 2001.
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