La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
BP 20225, 34004 Montpellier cedex 1
tel 04 67 92 29 33 / fax 09 55 23 29 39
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Poésie Le sans nom

septembre 2001 | Le Matricule des Anges n°36 | par Emmanuel Laugier

Avec Sentes dans le temps, le poète et traducteur Jean-Claude Schneider continue à creuser dans un vers presque baroque ce qui vient séparer les mots de nos perceptions. Ce qui, comme on dit couramment, laisse sans mot. Ce reste donc silencieux, sur lequel les mots ne collent pas, tout justes bons qu’ils sont à glisser sur le bord net des choses et à en ramener des petites bribes bien pauvres, Jean-Claude Schneider a tôt fait d’y desceller tout l’enjeu de la parole poétique. En trois parties, il sera question d’entendre « avec ton ouïe bourdonnante », de percevoir ne serait-ce qu’un « fragment de futur », puis de faire, telle une leçon d’adieu, ce « vieux geste, sans finir » de la parole errante. Trois façons d’aller vers l’opacité silencieuse du monde, d’y répondre. Le poème, en des vers longs, rugueux, presque pâteux, renvoie l’expérience à toute son âpreté : « dehors où le jeune air haletant à hauteur/ de poitrine secoue l’évidence, dehors où ce qui pressait a fait/ socle », dehors est une plaque qui barre et pourtant sert d’horizon au regard. L’éclatement du poème sur la page en est aussi la réponse, le champ libre où la tâche de l’écriture s’allège de sa difficulté et de son pathos, laissant venir à elle une respiration presque apaisée.
Tout le travail de poète de Jean-Claude Schneider oscille entre ces deux tensions. Il trouve même son équilibre en ajoutant des laisses presque abstraites, des élans de réflexions, comme frappées de mutismes, à des notations prises sur le vif du réel. Ainsi passe-t-on de jeunes filles entrevues à ce « pas même ça - mot, ce/ serait un pouvoir/ l’usage », auquel répondra, plus loin et presque clair ce : « Voir/ dans la lumière/ entre les choses, dans l’ombre, venir ce plein, ce blanc ».

Sentes dans le temps
Jean-Claude Schneider
Éditions Apogée
63 pages, 68 FF (10,37 )

Le sans nom Par Emmanuel Laugier
Le Matricule des Anges n°36 , septembre 2001.
LMDA papier n°36
6.50 €
LMDA PDF n°36
4.00 €