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Domaine français De Profundis

janvier 2003 | Le Matricule des Anges n°42 | par Didier Garcia

Nous nommer serait catastrophique

Si brève la vie des livres en librairie que bon nombre disparaissent des rayons avant que d’avoir pu être lus, et parfois même avant que la critique ait eu le temps de les examiner, tel ce premier roman, paru au printemps dernier. Rare entorse donc au primat de l’actualité, pour un roman à l’écriture exigeante.
Après plusieurs lectures, on parvient à comprendre (approximativement) le début : le narrateur (la trente-cinquaine, à l’instar de l’auteur) se trouve dans son cercueil au moment de son propre enterrement (on découvre les raisons de son décès à quatre pages de la fin). Alternent alors des souvenirs (une laborieuse histoire d’amour avec une jeune femme rencontrée à la faveur d’une collision dans le couloir d’une université, des rendez-vous érotiques dans un hôtel, des soirées télé…) et des scènes liées à la sépulture, toujours perçue par le regard du défunt : accident de la route durant le déplacement du cortège (le père achète alors une « bombe désodo » pour rendre l’atmosphère respirable), père bientôt victime d’un malaise, contraint d’assister dans une ambulance à l’hommage rendu à son fils… La deuxième partie intègre un surprenant intermède musical, genre free halluciné, avant que l’amie, dans l’ultime volet du roman, ne témoigne à son tour de leur histoire.
Au-delà du déroulement narratif (ingénieux, déroutant, impertinent et grinçant, notamment lorsque le défunt s’emporte contre les visiteurs qui se pressent devant son lit de mort et effleurent son cadavre : « bas les pattes c’est pas un jouet »), c’est surtout la langue qui retient. Incroyablement riche, elle participe à un cryptage permanent du sens, rendant volontairement obscur ce qui pourrait être formulé beaucoup plus simplement. Un exemple parmi (tant) d’autres : retrouvant celle qu’il présente comme « une cousine » au portier d’un hôtel, le narrateur comprend que sa concupiscence a quelque peu maculé son pantalon, ce qui n’échappe d’ailleurs pas à sa partenaire : « Son œil m’envoyait maintes goguenardes, traitait de peu orthodoxement phréatique l’auréole à pantalon, et d’égoïste sale elle m’homologuait ». Et malgré la gravité du roman, on rit volontiers.

Nous nommer serait
catastrophique

Ludovic Hary
Verticales
144 pages, 15

De Profundis Par Didier Garcia
Le Matricule des Anges n°42 , janvier 2003.
LMDA PDF n°42
4.00 €